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jeudi, 20 décembre 2007

Causes du déclin de l’intelligence Française

Causes du déclin de l’intelligence Française
Time La "une" du Time consacrée à "la mort de la culture française", le 3 décembre 2007.

Un article du Time a récemment pointé le déclin de notre culture. Certains ont refusé ce terme. Ils ont tort. Nous vivons bien à l’heure de ce que tout le monde pourrait appeler le « déclin de l’intelligence Français ». Ceci se retrouve à tout niveau.
Mais néanmoins cette situation doit également être analysée. En premier lieu, il faut noter qu’il n’est pas certain que la France ait toujours connu une intense activité culturelle. Celle-ci a atteint son sommet sous la Troisème république et dans tous les niveaux. Mais en revanche, il ne faut pas confondre la montée en puissance de certains arts par une montée en puissance intellectuelle.
Le vrai fort moment intellectuel français se situe selon moi sous la 3ème et la Quatrième république. Le déclin a commencé à s’amorcer dans les années 1980. Mais il avait commencé sous les débuts de la cinquième.
Cette situation correspond également au moment où la France se ferme de plus en plus, où ses élites « financières » ferment de plus en plus les portes. Le « verouillage » est d’abord juridique. La constitution de la Vème république qu’on nous présente comme une bonne constitution n’est en fait qu’une constitution qui fut une régression en tous domaines.
Cette fermeture juridique s’est ensuite traduite dans le domaine de l’enseignement. Les  universités ont décliné et les Grandes écoles n’ont cessées de se fermes aux « classes moins favorisées ». Enfin la perte de valeur des diplômes « moyens » s’est peu à peu traduite par une marginalisation de plus en plus grande (économique et culturelle) de la classe moyenne. Le renouvellement ne s’est plus produit et la culture a perdu de son prestige.
Deux éléments expliquent cette évolution : le « verouillage » de plus en plus grand de la  société et le souci de « faire efficace » des classes les plus jeunes qui sont  inquiets pour leur avenir et veulent apprendre des choses « utiles », veulent de l’utile.
Rien de bon ne se fait sous le signe de la peur et de la fermeture. Il faut un peu d’espoir, de l’ouverture pour que la culture progresse et grandisse.
Espérons qu’un jour notre pays saura enfin se souvenir de tout cela. Pour y parvenir une revisitation de notre conception de l’histoire et de notre vision de l’histoire contemporaine - notamment de notre mépris de la Ivème et de la IIIème République - est sans doute à opérer d’urgence. J’espère que certains historiens me liront et pourront m’aider dans ce projet. 
A bientôt.        

REFLEXION SUR LES LIMITES et les nécessités DE L ETAT nation


Je me demandai dans le précédent billet quelles limites l’Etat ne peut dépasser. Nous savons qu’il possède en lui un aspect de pouvoir. Mais nous savons que cet aspect doit être nécessairement subsidiaire. Ceux qui soutiennent le contraire ignorent ce qui légitime l’Etat qui n‘est autre qu’une politique et qu‘un projet justes.
Quel pourrait être le juste projet d’un Etat qui se cherche  et quelles seraient les limites de celui-ci?
Pour répondre à cette questions des « limites », il faut sans doute revenir à la raison d’être de celui-ci en Occident.
A l’origine, il me paraît évident que la constitution des Etats modernes Européens est la résultante d’un compromis entre le pouvoir royal et celui des villes qui se constitue en opposition aux  pouvoirs féodaux alliés aux pouvoirs monastiques qui ont perdu leurs crédits dans l‘inquisition et l‘obscurantisme qu‘ils ont favorisé. Pour Louis Althusser - qui critiquait pourtant cette version dans sa brillante étude sur  Montesquieu - Versailles fut le premier « camp d’internement » doré de la noblesse Française, prodrome en quelque sorte de la révolution de 1789.

En fait, selon moi, Louis XIV fut à la fois le premier vrai fossoyeur des Seigneuries féodales mais en même temps  il annonçait à sa manière la modernité et Versailles fut aussi un lieu "d'éducation" à celle-ci pour la noblesse qu'il chercha à protéger par la meme. Ce dernier avait compris qu’il fallait « composer » avec les bourgeois pour éviter que la France ne devienne la Suisse ou la Hollande, ce que ni lui ni Rome ne voulaient.Il avait aussi compris qu'il fallait "moderniser" la noblesse même s'il voulut aussi la "dominer".

Quoi qu'il en soit l'ère du roi Soleil n'est plus. Depuis Hitler nous savons que les Etats nations ne sont plus puisqu’ils ont été incapables de lutter contre cette monstruosité tant du point de vue de la justice que du point de vue de la sécurité.
Nous vivons donc bien à l’heure de ce que l’on appelle l’hyper-modernité. Aujourd’hui le pouvoir des villes n’est plus et n’est plus également celui des Etats nations constitués  par l’alliance des royautés avec les grandes villes. La bourgeoisie, alliée à une partie de la noblesse qui a su s'ouvrir a su constituer de grands empires commerciaux qui dépassent les états nations et ceux-ci meurent peu à peu de leur belle mort malgré les résistances qui se font jour de ci de là.
La première limite que l’Etat ne doit pas oublier est celle qui fut à l’origine de sa constitution et qui n’est plus.Nous ne devons donc pas nous inquiéter de la demande de "régionalisation" actuelle. Elle va dans le bon sens. Elle exprime un besoin nécessaire. Les Etats nation sont trop grands pour les petites choses et trop petits pour les grandes choses. Tout le monde le sait depuis longtemps. Il faut le reconnaître.

Mais ce pour quoi cet Etat Nation fut constitué, son « fondement » comme disent les philosophes, demeure toujours : le besoin de pouvoir de quelques uns et le souci de justice de tous. Le pouvoir  permet de flatter les arrogants. En le « donnant » à quelques uns, ceux-ci évitent d’utiliser les pouvoirs qu’ils peuvent avoir sur la foule. Ils sont « mis de côté » et en même temps « flattés ». A la tête des « gouvernements » ils servent parfois la paix . Mais l’essentiel n’est pas en eux. Il demeure chez ceux qui incarne la justice dans un groupe. Ceux-ci seuls permettent à un groupe de se tenir un. Ils favorisent l’impartialité, le sentiment qu’il est possible de s’épanouir dans une cité, de vivre comme on l’entend. Parfois ces « justes » ou ceux qui plus modestement cherchent à incarner la justice parviennent à limiter les appétits de pouvoirs de ceux qui par leur arrogance croient qu’ils le possèdent.
Toutefois nous n’avons pas vu venir tout à  fait les évolutions évoquées plus avant. Malgré les rodomontades - ces deux aspects ne sont plus assurés. Les empires économiques dominent. Les Etats sont dés lors de moins en moins en mesure d’assurer la sécurité et la justice. Ceux qui ont le pouvoir l’ont toujours certes en apparence car ils ne peuvent s’en passer comme d’une drogue. Mais tout ceci n’est qu’apparence. Ils ne dirigent plus rien. Au mieux ils surveillent et punissent comme l’a bien noté Michel Foucault en faisant toutefois l’erreur de prendre pour une réalité permanente ce qui n’est que le fruit d’une situation contingente.
Un Etat qui saurait admettre cette situation devrait le reconnaître et s’effacer pour laisser la place à des structures permettant d’assurer la justice et la sécurité contre les grands empires économiques internationaux. Il doit permettre la mise en œuvre de deux « forces » seules capables d’assurer le lien nécessaire entre les citoyens et la sécurité : les mégalopoles organisées autour de grandes régions et les méga-Etats.
Les mégalopoles auraient pour objectif d’assurer le lien et la justice entre les citoyens. Elles devraient permettre à chacun de vivre en ayant ce dont il a besoin. Les méga-Etats doivent permettre au contraire d’assurer la sécurité de l’ensemble des citoyens contre les agressions extérieures.
Est-ce la fin de la France que nous prédisons ici ?
Non…Car la France restait une idée : celle d’un ensemble de citoyens réunis par une langue et une culture commune ainsi que par le souci de faire vivre conjointement la justice et la sécurité ( qu’il ne faut pas confondre).
L’ile de France reste le cœur de cette idée. Elle doit la représenter alliée à des régions dont elle est proche au milieu d’un vaste méga Etat que doit être l’Europe unie et démocratique. Il n’y a pas d’autres voies pour lutter contre les Empires économiques qui se sont constitués. Jean Monet eut l’intuition de cette situation. Il reste à mettre un contenu philosophique et politique dans ce tout. Ce contenu, seule l’idée d’une justice commune et d’un  projet par lequel les citoyens pourraient être liés par des structures allant au-delà des sociétés civiles  peut le constituer.
Mais il reste à redéfinir plus précisément ces points. Ceci sera l’objet d’un prochain billet. Mais vos commentaires sont le bienvenus pour cette recherche et j’espère les lire avec intérêt.

A bientôt
           

vendredi, 14 décembre 2007

Comment introduire la justice dans un Etat ?

Comment introduire la justice dans un Etat ?

Cette question suppose d’une part que l’on définisse ce qui est juste et d’autre part que l’on s’entende sur ce qu’est l’Etat.
Selon moi l’Etat a deux faces : une face de pouvoir. Celle-ci permet d’assurer la sécurité des citoyens. Elle est dominée par des hommes qui ont la capacité de « retourner »une opinion et de la dominer. Mais une seconde face constitue l’Etat : celle du souci de justice.
J’ai eu l’occasion, en d’autres lieux de donner ma définition de ce qui est juste. Elle est ce qui fonde l’idée de « limites ». En d’autres termes, le juste Est-ce qui dit quand la limite ou les limites sont dépassées et qui interdisent que cela soit le cas.
Ce qui fixe la limite et la détermine, se situe toujours par rapport à ce qui a le pouvoir. On pourrait donc croire qu’il y a une « subsidiarité » de la justice par rapport au pouvoir. Mais ceci n’est qu’un effet d’optique.
La justice est première. Elle est ce qui légitime l’Etat. Prenons la royauté française capétienne. Elle s’est fondée à partir de Charles Martel - qui a eu la légitimité d’écarter le risque d'invasion "barbare"- et par Saint Louis qui eut la réputation d’être un roi juste. Ces deux rois et cette famille surent surtout parfaitement utiliser l’image de l’Eglise qui incarne la justice divine. Ces deux figures royales adossées sur la figure christique représentée par l'Eglise ont permis à cette famille de régner sur la France pendant plusieurs siècles.
Le pouvoir cherche donc toujours sa légitimité dans  un juste ou un moment juste . La Vème République a pu se fonder en partant de l’image de De Gaulle lui-même « libérateur » du territoire. Un problème surgit. La légitimation peut "durer" un certain temps mais il n'est pas éternel et celle-ci peut être "gatée" par une pratique déficiente et trop préoccupée par l'idée de pouvoir. Lorsque les héritiers finissent par trop s’éloigner de l’idée de justice qui a permis de fonder le régime celui-ci s’effondre un jour ou l’autre. L'Etat en effet ne peut pas seulement reposer sur le pouvoir. Machiavel - pourtant excessif et dans l'erreur en bien des cas - l'a lui-même admis. Les princes " calculateurs" et limités qu'il nous dépeint ne doivent jamais eux-mêmes dépasser "certaines limites".
La question n’est donc pas comment introduire la justice dans l’Etat mais comment faire que l’Etat se souvienne de la justice à l’origine de laquelle il trouve sa justification et quelles limites un Etat ne peut-il dépasser ?
Nous examinerons cette question dans un prochain « billet » si nous en avons l'occasion.
A bientôt.

jeudi, 13 décembre 2007

Une politique juste et intelligente ?

Une politique intelligente c’est une politique qui est au service de l’intelligence et qui met l’intelligence à son service.

Ceci signifie selon moi qu’il faut tenir compte :a) -d’une part des deux aspects du terme « intelligence ». L’intelligence est la qualité qui permet de rendre les êtres, les idées, les choses, intelligibles. L’intelligibilité se réalise en premier lieu par le truchement de cet outil que les grecs appelaient le « noûs ». Celui-ci se situe à mi-chemin du cœur et de l’esprit. Il est autrement appelé « intuition », appel intérieur.
Cet « appel intérieur » n’est pas aisément audible car il suppose un apprentissage, une éducation. La contrainte, la peur, la violence, le bruit, interdisent d’entendre cette intuition ou d'utiliser ce "nous".
En conséquence, face à cette difficulté d’écoute, il faut user d’un pis aller et celui-ci n’est autre que l’intelligence de l’esprit. Celle-ci passe par le raisonnement, l’écoute, l’enquête, l’analyse et l’impartialité. Celle-ci implique recherche libre, enseignement de qualité, dialogue libre et souci de l'excellence intellectuelle.
                                                                          b ) Mais une politique de l'intelligence ne peut se faire sans une « politique juste ». L’idée de politique juste était  essentielle pour les anciens et nous avons eu tort d’oublier leurs leçons. Ils soutenaient notamment que l’homme est un animal « social » ou « politique ». Ceci signifiait - non pas que l'homme était bon ou mauvais par nature - mais qu’il avait besoin des autres hommes  (intellectuellement, affectivement, matériellement) pour exister et se réaliser.  Une cité injuste ne peut pas mériter le nom de "cité" ni de "pays". En effet, elle permet -non pas qu’un échange se produise - mais elle est une justification. Celle qui autorise   que certains abusent de la position dominante dans laquelle ils se trouvent pour réduire les autres en esclavage.
En inventant ou en ré-inventant une idée « mécanique » du droit, les « modernes » ont cru qu’ils pourraient éradiquer l’esclavage. Ils se sont trompés.
Est réduit à l’état d’esclave celui qui ne peut penser par lui-même, ne peut s’accomplir, ne peut faire vivre décemment sa famille,travaille pour le compte d’un autre qui l’exploite et profite de multiples avantages sans la moindre réciprocité.
Mais ces questions de « justice » et d’intelligence nécessitent de plus longs développements. J’espère pouvoir les faire prochainement et tout au long de ce blog et profiter des commentaires ou remarques que je recevrais(peut-être) sur ce sujet. 

A bientôt!

vendredi, 07 décembre 2007

Raison d'être du blog

J'ai décidé de créer ce blog pour faire connaître la philosophie politique et juridique et la développer dans notre pays.

Il s'agit à partir d'elle d'engager des réflexions sur notre relation à la politique et au droit.

Qu'est ce qu'une politique juste , qu'est ce que le "droit" ? Comment pouvons nous vivre mieux dans la cité et quels sont les raisons d'être du politique ? Telles seront mes interrogations. 

Il peut paraître curieux de vouloir créer ce blog dans un  journal aussi  axé sur l'actualité que 2O minutes. Mais le but est précisément de montrer que nous devons tenter de  "sortir" de cette vision trop  rapide  de la dite actualité, pour tenter de prendre du recul et essayer d'analyser les évènements que nous vivons à la lumière des outils  de la pensée. Ces outils existent pour certains et d'autres sont à forger. Je présenterai ceux que j'ai élaboré ou ceux qui existent. J'en chercherai d'autres que je transmettrai aux lecteurs pour nous aider à "découvrir" la vérité - si possible - de ce que l'actualité nous réserve.

Certains pourront prétendre qu'il n'y a pas de vérités mais que chacun a sa vérité. Cette question est vieille comme le monde...Notons ici simplement - à titre de première leçon- que croire nous relie à nos vérités mais que savoir implique l'existence d'une vérité ou d'une réalité. Il n'y a pas que des croyances. Il y a aussi des faits et des valeurs  ainsi que des normes. Celles  ci ne sont pas toujours apparentes mais nous pouvons tous les  apercevoir.  Si tel n'était pas le cas, l'échange serait impossible entre les hommes.De même que la science qui nous permet de prédire et de réformer le réel.

Le droit et la politique peuvent-ils être affaire de "savoir" et pouvons nous les détacher du "croire" ? Nous verrons bien. Mais il n'est pas interdit d'essayer... 

 

 

 
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