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vendredi, 15 février 2008

Les modernes et la sociabilité

Les modernes et la sociabilité

Qui lira les Lumières sera surpris de trouver chez eux des atteintes continuelles à l’idée de société à laquelle pourtant Aristote était attaché.
En effet pour Aristote l’homme était un être essentiellement social. C’est- à-dire qu’il ne pouvait vivre sans société, sans communauté, sans groupe.
Hobbes a au contraire fait de lui un loup pour ses semblables dont il fallait impérativement se protéger. Quant à Rousseau, pourtant si opposé à Hobbes en bien des points, voici ce qu’il écrivait  :
«  Me voici donc seul sur terre, n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humain en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché dans les raffinements de leur haine quel tourment pouvait être le plus cruel à mon âme sensible et ils ont brisé violemment tous les liens qui m’attachaient à eux. J’aurais aimé les hommes en dépit d’eux-mêmes…Les voilà donc étrangers, inconnus, nuls enfin pour moi puisqu’ils l’ont voulu. Mais moi, détaché d’eux et de tout que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher. » Rêveries du promeneur solitaire, Première promenade. Ed  Gallimard 1972 p 35

Dans la deuxième promenade; après avoir indiqué que ses amis s’étaient tous joués de lui, il notait plus sérieusement : « Je ne bornais pas ma réforme aux choses extérieures, je senti que celle-même en exigeait une autre, plus pénible sans doute mais plus nécessaire dans les opinions et résolu de n’en pas faire à deux fois, j‘entrepris de soumettre mon intérieur à un examen sévère qui le réglat pour le reste de ma vie tel que voulais le trouver à ma mort….C’est de cette époque que je puis dater mon entier renoncement au monde et ce goût vif pour la solitude qui ne m’a plus quitté depuis ce temps là » p 61 

Dans  son  discours sur l’inégalité c’est à la société qu’il attribue la naissance de celle-ci et du malheur des hommes. Il ne faut pas attribuer cette lubie à une paranoïa de Rousseau. Tout ceci a bien son origine dans un refus de la société que les modernes nous ont légué pour donner le repli individualiste que nous connaissons et qui a trouvé son épanouissement dans notre épicurisme de bon ton;Le Probleme de cet épicurisme est qu’il a crée une solitude des individus, des villes inhumaines, des autoroutes, du tourisme qui consiste à passer par les villes et les autres sans même les croiser;

Nous devrions sincèrement nous reposer la question et nous demander s’il ne faudrait pas repenser notre politique en faisant en sorte que celle-ci puisse enfin recréer du lien dans la société, permettre à ceux qui sont isolés de ne pas l’être, aider les hommes à se rencontrer.
La question est : pourquoi le fait- elle si peu ? N’y sommes nous pas pour quelque chose ?

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