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lundi, 31 mars 2008

Le trop de lois et de frontières

Les juristes sont clairs sur ce point. Il y a trop de lois dans notre pays. Pour Rousseau le pire était précisément l'abondance en ce domaine. Il en était de même pour Descartes.  Avons nous oublié leurs leçons ou bien cette inflation serait-elle un signe mais lequel ? 

Dans l'esprit des lois Montesquieu soutenait que dans les monarchies il était bon que le droit soit complexe. Cette complexité protégeait les différents corps qui pouvaient constituer autant de contre pouvoirs à l'égard du monarque. Mais il pensait également que l'écart entre les privlégiés et les non privilégiés devait être restreint au risque de faire que ceux ci ne deviennent trop arrogants et soient dépendants du pouvoir central du fait du luxe que ce dernier leur offrirait, au milieu duquel il aurait la possibilité de les étouffer. 

 Je pense cependant qu'il faut faire en sorte de rapprocher ce trop de lois de la situation de séparation qui existe à l'intérieur de notre territoire. Regardez par exemple la carte de l'ile de France sur Google Map. Vous pourrez constater que la région francilienne est séparée en districts par des tronçons d'autoroute qui préservent et la capitale et les banlieues "chics" des banlieues plus difficiles. Paris lui-même est doublement ceinturé et il est de plus en plus difficile de rejoindre le centre de la capitale si l'on est voiture et que l'on vient du nord de l'ile de France notamment. En revanche il est plus facile d'en sortir. Les différents sens interdits sont pensés pour rendre l'accés de la capitale plus difficile à certaines banlieues. De même promenez vous Gare du nord et observez tous les multiples controles qui sont imposés aux voyageurs. La province quant à elle est aussi trés protégée de Paris par les multiples péages qui rendent l'accés trés difficile.

La liberté d'aller et venir était une des libertés fondamentales de notre constitution. Celle-ci est bien malmenée par tous ces péages. D'aucuns soutiennent que l'écologie serait à l'origine de cette situation. En ce cas, d'autres mesures pourraient être prises et elles rendraient sans doute les grandes villes moins polluées et plus accessibles ( parcs , arbres, jardins en plus grand nombre, interdiction aux véhicules durant certaines heures et développement des modes alternatifs de développements type voitures électirques, transports en commun, vélos, etc....).

La séparation du droit ressemble donc à ces sens qui ne sont interdits que dans un sens...Ils sont la marque d'une société qui se délie malheureusement et c'est particulièrement regrettable sans nul doute....Une politique éthique et juste devrait évoquer ces questions...A quand ?

   

 

lundi, 24 mars 2008

Brève sur la dangerosité d’un trop grand écart dans l’octroi des privilèges chez Montesquieu


Montesquieu fut bien l’auteur du juste milieu. La réduction des écarts entre les classes privilégiées et le commun était pour lui indispensable et utile pour la prospérité de tous. Indispensable car il fallait faire accepter de tels privilèges. Utile pour des raisons de santé sociale. L’histoire en portait témoignage par un dit exemple. De même notre auteur, affirmait-il -en accord avec le souci de vertu qui devait commander les règles et pratiques de toute démocratie et préparant Rousseau - que l’étude de l’histoire dans ses détails révélait indubitablement un rapport selon lequel’« à mesure que le luxe s’(établissait) dans une République, l’esprit (tournait) vers l’intérêt particulier ». Pour illustrer son propos il faisait  usage de l’histoire, évoquant la République Romaine  qui dut périr lorsqu’elle oublia les dit principes. En effet, selon lui, « sitôt que les Romains furent corrompus leurs désirs devinrent immenses.» , les prix des denrée de première nécessité ne cessa de croître, la voracité des commerçants, des propriétaires et de producteurs n’ayant plus de bornes et le désir de s’enrichir devint alors premier et l’envie de vivre vertueusement se trouva alors ridiculisé,rendu accessoire ou incompréhensible pour tous ((Esprit des lois.  VII. 2)




dimanche, 23 mars 2008

Marchons nous sur la tête ?

Je faisais l'autre jour une visite d'une ferme. Les animaux y sont traités de manière "rationnelle". Les chèvres sont séparées trés tôt de leurs petits. Les males sont tous supprimés sauf quelques uns qui sont gardés pour la reproduction. Tous les jours ces pauvres bêtes sont passées à la traite de manière industrielle, type chaplin dans les temps modernes et les voilà qui retournent dans les hangards. Le paysan m'expliquait  dans le même temps qu'ils trouvaient de moins en moins de personnes pour faire ce métier... !

Je n'ose pas imaginer la manière dont les choses se passent avec les bovins. Il semble que les boeufs sont immédiatement séparés des vaches et ensuite sont engraissés pour être abattus pour nous donner de la viande....Tout ceci de plus finit par revenir un prix exorbitant au consommateur dans les villes alors que c'est vendu une bouchée de pain par ces éleveurs. Donc résumons : nous avons multiplié l'efficacité dans l'agriculture et l'élevage pour pouvoir lutter contre la famine et améliorer la qualité de vie des paysans. Résultat : les prix ne cessent d'augmenter, les cancers se développent et les prix avec eux alors que dans le même temps les lycées sont emplis de jeunes à qui l'on enseigne des matières générales et que l'on prépare à être des intellectuels alors que la plupart n'en ont aucune envie et pendant ce temps nombre d'emplois admirables ne trouvent pas preneurs !. Ne parlons pas de la négation de la nature à laquelle aboutissent ces pratiques qui provoquent peut être un stress et pour les éleveurs, et les animaux... Pourquoi en sommes nous arrivés là ? Pourquoi des métiers ne se développent ils pas pour nous réapprendre à manger humainement et à travailler de la même manière ?

La modernité c'est certain qui a voulu tout rationnaliser et a voulu faire table rase du passé en pensant qu'elle pourrait tout ordonner, tout planifier. Pourtant en voulant rationaliser le monde les philosophes des Lumières ont alerté leurs contemporains sur les limites de l'entendement humain( c'était d'ailleurs le titre d'un grand ouvrage de l'Anglais John Locke). En voulant tout rationaliser nous avons oublié que nous étions fort peu raisonnables et que nous devions demeurer extrêment modestes. Dans le dispositif des Lumières, une autre précaution était prévue : la démocratie législative qui accordait une place considérable à l'organe chargé de faire les lois( le Parlement)au détriment de l'exécutif qui devait lui être subordonné.Nous avons oublié également ces précautions. En Europe, les Parlements se sont dépréciés lorsqu'ils ont été dans l'incapacité de lutter contre les totalitarismes (voire lorsqu'ils ont meme voté les pleins pouvoirs à des dictateurs dans la panique) et ensuite en France lorsqu'ils n'ont pu résoudre les problèmes posés par la décolonisation. Nous devons donc impérativement trouver de nouveaux modèles qui seraient en mesure de limiter les folies des modernes et nous ramener à plus de raison...Comment y parvenir ? Un grand moratoire sur nos institutions serait à mon avis nécessaire et impératif. De même que de grands débats sur nos volontés et notre vision du bonheur, comment voulons nous vivre ensemble ? Les philosophes ont certainement un rôle à jouer dans ces nouveaux états généraux de la cité qu'il faudrait convoquer un jour ou l'autre..Le plus tot sera le mieux sans doute. Souvenons nous en effet de ce qu'écrivait Clémenceau : je préfére les pays ou l'on se parle à ceux on l'on se tait. Nous devons sans doute réapprendre à nous parler....Et pourquoi pas des états généraux du bonheur ? Pourquoi ne pas demander aux Français de se remettre à se parler plutôt que d'attendre des explosions et de discuter dans l'urgence  ?  

 

jeudi, 20 mars 2008

La loi et la philosophie des Lumières

 

Je voudrais ici faire un petit rappel de ce qu'était la liberté pour les Lumières. Ces derniers considéraient (Locke, Montesquieu, Rousseau) qu'il ne pouvait y avoir de liberté sans loi et que la liberté consistait à faire tout ce que la loi n'interdisait pas...Mais il ne s'agissait pas de n'importe quelle loi. Pour Rousseau, elle devait exprimer la volonté générale, pour Locke les décisions de la majorité, pour Montesquieu, tout dépendait du régime  considéré mais la loi était toujours un rapport pour lui. Ceci signifie que toute loi devait s'inscrire dans un ensemble.

Ce que j'aimerais ici expliquer est la raison de ce que la philosophe Simone Goyard Fabre à la suite du grand juriste Jean Carbonnier appelait la "nomophilie" des Lumières, c'est à dire leur amour de la loi. Celui qui permet le mieux de comprendre cette position est Rousseau. Pour lui, le pire dans une société étaient les privilèges attribués par les plus forts à leurs amis ou à eux-mêmes car ceux-ci créaient un sentiment de malaise dans la société. Ils ne pouvaient que décourager les citoyens qui savaient pertinement que l'ascenseur social ne fonctionnerait pas pour eux et qui déprimaient de ce fait. Leur déprime ne pouvait qu'affaiblir la société et tout le monde finissait par en patir.

De plus les privilèges bloquaient la libre concurrence entre les individus et enfin ils ignoraient la loi de la nature d'une égalité de naissance entre tous les hommes. Mais la loi avait surtout un autre but. Elle devait porter les principes généraux. Or Rousseau considérait que ces principes étaient essentiels. Ils ne devaient être que la représentation des lois génériques gouvernant la nature...En les suivant ainsi l'homme pouvait se retrouver, se régénérer. En effet pour Rousseau l'homme s'était corrompu parce qu'il ignorait sa nature et la nature.

En d'autres termes pour Rousseau la loi était un moyen de se retrouver, de retrouver une nature perdue, de renaître et c'était cela être libre, vivre en accord avec soi même. Une telle conception est pour le moins étrange et il serait bien intéressant de comprendre les causes de celle-ci. Une hypothèse peut être hasardée : Rousseau et les Lumières souhaitaient impérativement éradiquer le gouvernement de la monarchie absolue qui avait été installé par Louis XIV qui craignait lui-même une révolution en France. Le monarque de Versailles prétendait qu'il était l'Etat à lui tout seul. Les lumières voulaient donner une autre définition de l'Etat et expliquer qu'au contraire l'Etat ne pouvait être qu'au service du peuple. Des considérations plus économiques expliquaient également cette situation. La "bourgeoisie" des villes qui s'était constituée au XIIIème siècle contre les féodaux était devenu très puissante et elle entendait se trouver un mode de gouvernement qui pouvai lui correspondre. Or le droit collégial, c'est à dire le droit élaboré par les notables pour eux était un bon mode de gouvernement selon eux car il pouvait ainsi préserver les intérêts des grandes familles et des grands intérêts des villes. Ces familles s'étaient étendues, il leur fallait désormais pouvoir faire en sorte de constituer la loi au niveau de la nation car ils avaient impérativement besoin de faire sauter les barrières régionales pour vendre leurs produits et circuler. Rousseau cependant, avait prévu cette "corruption" du droit et dans un beau texte intitulé le  discours sur l'origine de l'inégalité il explique comment ce "faux droit" se crée dans le seul but de tromper les citoyens les plus démunis en leur faisant croire qu'il y avait un droit alors que celui-ci n'était que l'expression de rapports de forces et la volonté des plus riches pour mieux asservir les plus démunis. Un certain Marx saura bien se souvenir de cette lecture de la loi et du droit.

 Rousseau et les Lumières avaient ainsi proposé une lecture politique du concept de liberté. Pour eux, pas de liberté sans loi signifiait finalement pas de liberté dans un régime arbitraire car le risque était grand que le pouvoir abuse de ses prérogatives pour réduire les hommes en esclavage. Cependant la liberté  était autre et plus vaste et Rousseau l'avait bien compris. L'année où il faisait paraître le contrat social qui mettait en place un système de droit plus "démocratique" et plus juste selon lui surtout, il faisait publier un traité d'éducation. Le but était de montrer que pour être libre il fallait être éduqué librement et ici au contraire sans principe....Etrange Rousseau et si problématique écrivait à juste titre E. Cassirer. En effet, il avait compris que la meilleure manière de faire des citoyens honnêtes et obéissants envers la loi était d'éduquer préalablement les enfants en évitant par dessus tout les lois et en faisant au contraire en sorte de les laisser s'épanouir en toute liberté. Il avait compris que la liberté était l'espace de l'esprit comme nous l'avons déjà écrit et que cet espace ne peut se créer par la loi qui au contraire brime les pensées des hommes...Toutefois en agissant ainsi Rousseau introduisait une séparation qui nous est encore contemporaine : la loi pour les adultes et pas d'éducation, l'éducation pour les enfants et l'absence de loi à leur sujet...Ainsi que l'absence de droit. Nous commençons à changer et considérer désormais que les frontières ne sont plus étanches. Selon moi il faudrait aller encore plus loin et plus vite : permettre aux adultes de s'éduquer toute leur vie et ce sans principe, en les aidant à se libérer de la culpabilité, de la souffrance et de la peur par l'éducation, leur donner la culture qui les aideraiet à dé-libérer et à se libérer ainsi et de l'autre introduire plus l'étude de la loi chez les enfants, peu à peu en les intégrant un peu plus à la sphère sociale...Il faudrait donc penser des ponts et cesser de réfléchir en termes de ruptures, de tables rases...Tout ceci était une forme de pathologie de la philosophie des Lumières dont il faudra bien un jour chercher à comprendre les causes...!!       

 

vendredi, 14 mars 2008

Liberté, ombre et lumière

Si la liberté est un espace pour la pensée, elle est donc un lieu à l'intérieur de nous-même mais aussi à l'extérieur...Elle est comme une bulle intellectuelle. Ces bulles nous pouvons les restreindre si nous n'y prenons pas gare notamment en installant de nombreux sens interdits en nous...Les questions, l'acceptation de pouvoir pénétrer les zones d'ombre. Tout ceci ouvre notre espace de liberté.

Si un groupe est obsédé par la clarté et  s'il pense que tout est clair...La bulle nécessairement se rétrécit.Aller vers ces zones d'ombres, vers cette pénombre permet alors de pouvoir plus aisément comprendre ce qui va et ce qui ne va pas, là ou nous pouvons aller, permet d'étendre notre champs. D'une certaine manière nous devons être des formes de Colomb de la pensée et de l'esprit...Aller vers nos Amériques pour pouvoir ainsi augmenter cet espace et l'embellir, l'éclaircir, lui donner plus de variété.

L'homme est ainsi fait qu'il a besoin de ces espaces. Ils sont vitaux pour lui. L'oeuvre du politique doit sans doute constituer aussi dans l'ouverture de ces espaces, permettre que le plus grand nombre de choses puisse se dire dans la cité c'est d'une certaine manière étendre cet espace. Cependant il est parfois des portes qu'il ne faut pas ouvrir d'emblée. Il faut de la force,être prêt à tout entendre pour les entendre. Le politique aussi doit savoir ménager ces zones d'ombre et c'est dans cet ombre là qu'il peut préparer ce qu'il faut dire ou ce qui se dira demain.

 

 

 
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