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lundi, 14 avril 2008

Suite sur l'entourloupe...

Entourlouper. J'ai utilisé ce verbe dans une note précédente et me voilà en position de devoir le définir puisque j'ai prétendu qu'il pourrait caractériser notre époque aux yeux des historiens futurs qui nous observerons et nous jugerons. Notons d'emblée que je ne suis ici qu'au stade de la conjecture. Je suppose qu'il en est ainsi et je peux me tromper. Mais je dois essayer de définir ce mot, quite à revenir plusieurs fois sur celui-ci.

Entourlouper dans mon esprit consiste à adopter plusieurs modes de fonctionnement : a) le premier est le pis sans doute consiste à n'avoir aucune foi en ce que l'on dit. La foi  ou la croyance en elle-même est ridiculisée. Elle n'est guère étudiée. Elle est pourtant ce qui porte tout homme, ce qui le fait avancer et la foi n'est pas nécessairement religieuse. Si j'ai foi en l'éducation par exemple ou dans la politique c'est une croyance. Or la seule foi qui soit glorifiée dans notre époque c'est celle de la célébrité pour la célébrité, de l'argent pour l'argent. C'est donc ici la glorification des moyens. Je ne veux pas pour autant soutenir que les moyens ne sont rien et c'est toute la force de ceux qui sont dans ces logiques. Face à ses limites, l'homme parfois doit se contenter de moyens. Cependant, il ne doit pas pour autant penser que la foi n'est rien et ce meme s'il doit se défier d'elle. Il lui faut trouver un moyen terme sur ce sujet mais pas être dans l'entourloupe sur ce point. La société de l'entourloupe est radicale : soit elle loue à outrance la foi  et les croyances sans envisager les limites de celle-ci soit (le plus souvent) elle ridiculise celle-ci.

b) de ce fait, le second trait de l'entourloupe - puisqu'elle nie la foi ou qu'elle la glorifie - est évidemment de faire le plus souvent le contraire de ce que l'on dit. Ici aussi il ne s'agit pas de vouloir à tous prix fixer les hommes sur ce qu'ils disent. Des exceptions doivent être justement et sagement admises en ce domaine car nous pouvons nous tromper, nous engager à tort. Mais ici, la tolérance doit demeurer du domaine de l'exception et non la règle. La société de l'entourloupe place au niveau de la régle ce qui devrait être sur le terrain de l'exception.

c)Ainsi le troisième trait de l'entourloupe devient la moquerie et la réduction. L'autre,celui qui ne pense pas comme nous est trompé et l'on trouve tout à fait normal d'être dans la tromperie à son égard. Ce faisant tout le monde accepte la situation ceux qui sont trompés et ceux qui observent les autres se laisser tromper. Le comique surgit alors parfois pour accentuer le ridicule. On entourloupe, c'est normal puisque, dans l'esprit des entourloupeurs, il n'y a rien à craindre et seule compte l'efficacité.Tout ceci exige au contraire de la subtilité et les entourloupeurs se complaisent dans cette paresse qui est la notre en nous proposant une grossiereté bien commode.

Il y aurait tout un texte à écrire sur cette démarche et j'y reviendrais dans une prochaine note.         

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