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jeudi, 22 mai 2008

Le bonheur, l'être et l'avoir.

Je me propose ici de débuter une première série de propos sur le bonheur. Il est dans la lignée des cours que je propose à mes élèves et mes étudiants et  il me paraît essentiel d'engager une telle réflexion dans un blog qui prétend vouloir réfléchir sur l'éthique et le politique. Comme Aristote, qui a souvent été rarement été dépassé en bien des points pour moi, je crois que la vie politique doit être organisée autour du bonheur des citoyens. Mais évidemment il reste à définir le bonheur et ce n'est pas une mince affaire. Une mauvaise lecture d'Aristote  a conduit les écoles philosophiques à s'opposer entre les partisans  du bien  et ceux du juste...Le débat me parait faussé.  En fait il est indéniable que le bien et le juste ne peuvent  être séparés dans toute bonne philosophie. Mais il faut fixer des hiérarchies. En conséquence, indiscutablement le bonheur doit être le bien politique suprême selon moi et toute bonne politique - voire toute bonne économie et je suis totalement du côté des économistes anglo-saxons sur ce point  (Sen, Stiglitz) ne peut s'envisager comme bonne que si elle procure du bonheur à ses membres...Pourrait -on en effet soutenir sans craindre le ridicule qu'un pays est riche si ses habitants sont malheureux ?

Que dire en revanche d'un pays où les citoyens seraient heureux ? Socrate, dans l'apologie nous a rappelé ce précepte trop souvent oublié, les hommes de bien font le bien et les hommes de mal développent le mal. Les hommes heureux ont envie que d'autres autour d'eux le soient et ils développent le bonheur. Les hommes malheureux en font de même pour leurs maux terribles. Donc un pays dont les cityoens sont heureux est un pays riche car il enrichit ses voisins, ses semblables par son bonheur. En conséquence le bonheur est en effet le bien suprême. Il est bien ce "chef" de tous les biens. Il est bien ce qui doit être recherché pour lui-même et avant tout. Dieu n'est pas un bien. C'est un être et ceux qui considérent que Dieu est le bien suprême ont une facheuse tendance à confondre ce qui est, ou doit être et ce que l'on a ou l'on veut avoir.  Le bonheur est le roi du royaume de l'avoir alors que Dieu est sans doute le roi du royaume des Etres. Ne confondons pas les deux par pitié...Reste  évidemment à définir le bonheur. Vaste question. Je tenterais d'y revenir dans une prochaine note.   

 

 

13:39 Publié dans Bonheur | Lien permanent | Commentaires (1)

dimanche, 18 mai 2008

Le sous positivisme juridique et politique

Il existe dans notre pays -et malheureusement ailleurs-un phénomène que j'appelle le sous positivisme. Cette démarche assez violente est la suivante : elle consiste d'un côté à invoquer continuellement la loi lorsqu'elle arrange et à refuser de l'appliquer lorsqu'elle dérange. En d'autres termes : je n'applique la loi que lorsqu'elle sert mes intérêts. Dans cet ordre de logique : je m'indigne d'un enfant qui ne va pas toujours à l'école, au lycée, qui n'est pas toujours présent, je m'outrage du voleur du voiture  que je peux éventuellement (parfois et pas toujours) renverser avec ma voiture si j'en suis à mon troisième cambriolage,mais en revanche je trouver "normal" qu'une banque négocie une entente avec ses concurrents pour "voler" ses clients et leur éviter de renégocier des crédits immobiliers souvent élevés et qui "pèsent" lourd aujourd'hui sur  le budget des classes moyennes françaises, je ne dis pas grand chose d'une nourriture de plus en plus avariée et qui "détruit" la santé des individus, etc....

Je suis "violent" et j'invoque la sacro sainte loi pour certaines infractions et je ferme les yeux sur d'autres. Voire le plus souvent je n'applique pas la loi lorsqu'elle me dérange.... Le sous positivisme est une espèce fort répandue et qui doit nous inciter à réfléchir plus sérieusement sur la place qu'occupe la loi dans notre société et qu'il faut à la fois défendre et en meme temps totalement repenser je crois.

Dans le même ordre d'idée de sous positivisme : une attitude politique contemporaine : je prétends vouloir imposer mon programme en totalité. Je me dis le partisan de la politique éthique...Mais non !...Je n'applique qu'une partie de mon programme. Je ne me veux "rigide " que sur une seule partie de mes promesses : en général celles qui touchent les plus faibles...Ne nous offusquons pas de tout cela. Ceci je le répète est une tendance générale de notre démarche politique et juridique que j'étudie depuis 26 ans en tant que chercheur et praticien...On ne veut appliquer la loi dans sa dureté qu'à l'égard des plus faibles...Ce qui peut nous inquiéter - outre le caractère discutable de cette démarche - c'est que les plus faible cela devient aussi la classe moyenne depuis quelques années aussi...Cette classe moyenne dont Aristote, disait à juste titre,qu'elle devait constituer le fer de lance, le soutien nécessaire d'un régime constitutionnel digne de ce nom et dont le but était le bonheur de tous les citoyens.

   

 

19:10 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 16 mai 2008

Le ou exclusif

Lu dans la presse ce jour " de nombreuses entreprises françaises vont aider des chinois en difficulté du fait du séisme" qu'ils ont subi....Formidable geste et plein d'humanité ! Mais sera-t-il un jour possible qu'ils viennent aussi en aide aux Français démunis qui ne cessent de s'apauvrir dans notre pays ?

Curieuse nature humaine...Je suis tout prêt à aider un autre homme dans le lointain mais je ne veux rien faire pour celui qui est tout proche de moi...L'économie me dira -t-on ! Mais l'économie gagnerait aussi si la misère était soulagée chez nous. Ce qui vaut ailleurs vaut ici et plus encore chez nous. Non qu'il ne faille pas songer à la misère chinoise mais il faudrait songer à l'une et l'autre. Pourquoi ce ou exclusif ici ? Tout ceci m'échappe. Ici on préfére parler des odieux avantages des smicards,des professeurs payés 17OO euros par mois alors qu'un logement décent pour ne famille à Paris coute 2000 Euros, de la "violence" dans les banlieue et du "trop" de professeurs !!! Eduquer les pauvres avec seulement 11 élèves par classe plutot que les 35 courant à ce jour ne serait-ce pas aussi venir en aide à ceux qui souffrent tout prés de nous ? Parler du "respect de la parole donnée en politique pour toutes les mesures et pas seulement celles qui blessent les plus démunis "n'est ce pas aussi faire en sorte de n'être que dans la logique du "ou " exclusif qui exclue et peut exclure encore en tous les sens du terme, malheureusement...!

 

   

Devoir et bonheur

La logique actuelle consistant à faire reproche aux enseignants de ne pas faire leur travail n'est pas spécifiquement française. Nous devons en être conscients. Celle-ci se situe dans une logique plus générale, liée à la nature humaine et sur laquelle il nous faut impérativement réfléchir et qui a trait à la relation étroite que certains penseurs ont toujours noté entre "devoir" et "bonheur". En effet, pour être heureux, la nécessité oblige de chercher à "devenir soi-même", opter pour sa propre singularité, savoir qui nous voulons être et chercher à le devenir.

Eduquer consiste précisément - et surtout- dans cette aide à l'orientation vers soi-même....Celui que l'on éduque découvre peu à peu qu'il est différent. En étant différent, il doit ensuite lutter contre les préjugés "normalisateurs" qui n'acceptent pas les singularités mais qui voudraient que nous soyons tous "identiques"....Voyons notamment toute l'importance accordée à cette folie de l'identité et de l'identique qui caractérise notre démarche. L'éducation est en interrrogation, indéniablement. J'ai déjà écrit à quel point cette interrogation était liée à des problèmes de fond plus "transversaux" que la philosophie, la politique et l'éthique doivent chercher à résoudre conjointement. Dans cette "crise" des nouveautés apparaissent.

Ces nouveautés "heurtent" et surtout "elles échouent" pour le moment car , dans la crise de l'Etat et de la culture contemporaine, l'éducateur, le professeur est déprécié, il est critiqué pour ce qu'il fait. N'est-il pas celui qui  n'est pas "toujours" présent à l'école ? N'est-il pas celui qui prendrait "trop" de vacances ? Mais la culture , l'analyse c'est précisément la "vacance", le "recul", de même que l'éducation....De plus surtout, il est celui qui gagne mal sa vie, qui est de plus en plus rélégué (surtout en Ile de France et dans les grandes villes)dans des zones  mal considérés, dans des logements éxigus car son salaire ne lui permet pas de vivre. Il  a donc de plus en plus "honte" de lui-même et  l'on cherche ainsi à  jouer sur cette "honte".

Cette "honte" l'interdit d'être fier de ce qu'il accomplit. Elle se situe surtout dans cette démarche qui consiste par des "devoirs" sanctifiants que l'on impose à ceux qui cherchent à travailller pour l'intérêt général, à ne pas les aider à avoir la fierté d'eux-mêmes, à les diriger par la honte...Je le répète : cette attitude est paradigmatique et n'a rien de spécifiquement française. Elle est humaine. C'est le comportement de la "masse" lorsqu'il s'agit pour elle de lutter contre ceux qui veulent affirmer leur singularité....Nous sommes donc ici dans une réaction typique contre l'éducation, contre une éducation qui pourrait et doit aider les individus à s'orienter et devenir eux-memes. En un sens, tout ceci à  quelque chose de positif. Un débat s'engage. Certes  il s'engage contre et non pas pour....Mais soyons optimistes et faisons confiance à notre pays, aux étudiants, aux élèves et aux parents d'élèves, ainsi qu'aux éducateurs et aux politiques ...Nombre d'entre eux  sont pour  la liberté et le bonheur contre un devoir culpabilisant  dont ils sont également parfois et souvent les victimes...

Je sais ici qu'il faudrait amplement développer ce que je viens d'écrire. Mais mon objectif dans ce blog n'est pas d'enseigner, ni d'éduquer...Mais d'alerter....D'assigner, au sens où j'entends ici simplement faire "signe" et (si possible) sens  sans pour autant prétendre tout envisager....

jeudi, 15 mai 2008

Penser nos problèmes et ne pas les hurler

VOilà bien la difficulté actuelle dans notre pays face à la grève dans l'éducation nationale. On  a bien raison  de rappeler ici que chacun renvoie son égoisme à l'autre...Pourtant les souffrances sont là et ne peuvent être ignorées de part et d'autre. Il y a une souffrance à l'égard de l'école de nos politiques et  des parents d'élèves, ainsi que des élèves. Les causes de cette souffrance doivent être pensées, pansées et donc traitées. Il ne faut pas les ignorer.Mais il y a aussi une forte souffrance des personnels enseignants qu'il serait tout aussi cruel de nier.

Je sais que certains fustigent le souci pour la souffrance de l'autre...Mais alors que serait une politique qui ne se soucierait pas de la souffrance de son prochain ? De même que serait une philosophie politique et éthique digne de ce nom...Pour résoudre le problème il faut sans doute cesser de se hurler les uns aux autres des invectives, des insultes mais bien voir les difficultés en face et tenter de les résoudre sans peur des interrogations anodines...La peur existe oui mais elle est partagée sans nul doute.

La critique et les attaques faites actuellement contre l'éducation nationale sont certainement à relier à plusieurs problèmes récurrents de notre société : la critique de la culture voire la haine de celle-ci est liée à cette haine actuelle à l'égard de l'éducation. Quant au "malaise" de la fonction publique de l'éducation nationale il a certainement à voir avec la crise de la pensée des Lumières et l'interrogation non opérée et non aboutie sur les misions précises et le contour de l'Etat tel qu'il devrait être.

Ces interrogations de front doivent être menées hors des hurlements. Je le tente régulièrement mais pas assez avec d'autres car la tâche est ardue et surtout peu considérée puisqu'elle est du domaine hai de la culture...Il faudrait commencer par cela et donc constituer ces ponts indispensables entre pensée et action qui manquent si cruellement dans ce pays qui accorde si peu d'importance aux "ponts" précisément.

       

 
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