Avertir le modérateur

samedi, 28 juin 2008

INJUSTICE


L'injustice survient lorsque les limites sont dépassées.  Il y a plusieurs manières d’opérer un tel dépassement : on peut ignorer les dites limites et penser que l’on peut tout (attitude du despote), on peut transgresser ces limites et penser qu’elles ne sont rien ( attitude de l’escroc); il est également possible de les effacer progressivement en feignant de les respecter ( l’hypocrite et le tenant du « double » langage). Plus subtilement, le dépassement peut s’opérer par le fait de créer de fausses limites pour interdire à celles qui sont véritables d’être vues, d’exister (attitude de l’hyperinterventioniste qui pense qu’il peut tout mais ne sait rien). Enfin, plus « populairement », un individu ou un groupe dépasse les limites lorsqu’il ne sait plus où il va, va au-delà de ce qui peut être accepté, créer des désorientations multiples plutôt qu’il n’aide ses membres et/ou ses voisins à se positionner.
Eduquer consiste notamment dans le fait d’enseigner précisément non seulement le respect de certaines limites mais aussi l’existence de celles-ci. Rechercher - au moins en sciences humaines - consiste(pour moi) a établir les véritables limites, à les mettre au jour.
J’ai toujours considéré que le tragique du dépassement des limites était : d’une part, le sentiment de déchirement à l’intérieur même des individus, une vie hors d’eux-mêmes (une aliénation dirait Marx) et d’autre part, une déliaison à l’intérieur d’une société, honteuse d’elle-même, incapable de rencontrer son semblable, d’entrer en relation avec lui et ainsi devenue faible, pleutre, inutile.
Inutile ? Oui car une société n’a d’avantage que de l’union qu’elle permet de créer entre ses membres, si l’union n’est plus possible, du fait du trop grand étirement des situations, du fait de la « honte » que chacun ressent au fond de lui soit parce qu’il sait bénéficier de privilèges qu’il ne mérite pas, soit parce qu’il est mis au banc sans raison légitime, soit parce que plus personne n’ose parler à personne voyant en l’autre celui qui nous « a pris » une place que nous désirions, à quoi sert cette société ?
Elle devient inutile et les hommes se perdent dans la solitude et s’y rendent malheureux car l’homme n’est pas fait pour la solitude.
Faible ? Une société désunie ne l’est-elle pas ?
Pleutre ? Celui qui est faible à toutes les raisons de ne pas se montrer courageux. Il doit au contraire se faire tout petit mais à force de se faire trop petit c’est la bassesse qui le guette.

01:23 Publié dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 25 juin 2008

Premières définitions et questions sur le bonheur




Dans un précédent message j’avais promis une définition du bonheur et une recherche à son sujet…Recherche qui devrait etre primordiale dans notre pays qui est si riche et y consacre pourtant si peu de temps. Je vais tenter de m’y exercer ici gratuitement mais je l’espère au moins pour le moindre malheur de mes lecteurs.
Partons en premier lieu de cette première définition en guise d’hypothèse de départ : le bonheur est un ensemble de bonnes heures. Il est cet ensemble de moments dans lequel je me sens bien et je suis effectivement bien.
Le bien s’entend en trois sens : matériel, intellectuel et spirituel. Je me sens « content », c’est-à-dire contenté et sans inquiétude. J’ai l’habitude de dire : dans une relation amoureuse avec le temps. C’est-à-dire que j’ai le sentiment que le temps me donne tout ce que j’attends de lui et que je lui rends ce don par la reconnaissance de ce qu’il m’apporte. Cela signifie une « concordance » entre moi et mes temps ou le temps qui fait que : l’avenir n’est pas source d’inquiétude pour moi, le présent me satisfait pleinement et le passé n’est plus un lieu de regret.
Travailler à mon bonheur passe nécessairement par l’élaboration de ces bonnes heures et de ce rapport amoureux avec le temps.
Mais le bonheur c’est aussi un tout et il ne peut y avoir de bonheur si celui-ci fait le malheur des autres. Pas de bonheur si celui-ci crée un malheur : le bonheur est donc ce qui fait qu’en étant heureux , ce bonheur ne crée aucune souffrance , aucun désamour au temps entre autrui et ce dernier.
Finalement disons, en guise de point de départ que le bonheur est un ensemble de bonnes heures , d’heures vécues dans la densité qui lorsqu’elles s’accomplissent ne créent aucun malheur pour autrui (dans le présent, le passé ou l’avenir car le bonheur implique de tenir le temps pour un tout) mais au contraire même lorsqu’elles peuvent augmenter ce bonheur chez les autres et en moi.
Kant séparait le bonheur du devoir mais il ne niait pas que celui-ci faisait partie du souverain bien. Je n’ai pour le moment pas d’idées préconçues sur ce sujet. Notons simplement que je pense, plutôt comme Aristote qu’il est impossible d’être heureux à celui qui fait mal ce qu’il doit faire car il se crée en lui du regret et peut créer chez les autres du malheur. Le « non voir » qui est selon moi le contraire du devoir (deux voirs plus exactement ) est le fait de l’aveugle qui ne peut ni être heureux ni rendre autrui heureux…
La voie du bonheur passe donc par la recherche et la mise en acte du deux voirs. Je dois donc me demander ce qu'est ce deux voirs et aussi je dois me demander quelle part l'imagination joue dans le bonheur lui-même ? Mais avant je dois tenter de répondre à cette première questions : le bonheur est-il imaginaire ?


10:17 Publié dans Bonheur | Lien permanent | Commentaires (4)

lundi, 16 juin 2008

Reflexions sur les origines de la France

Quelques mots sur une question tragique et trop peu souvent traitée peut-être à cause de ce que Kant a écrit dans sa "doctrine du droit". Dans ce texte, notre auteur soutient qu'un citoyen ne devrait pas s'interroger sur l'origine de son  pays...Qu'est ce qui fait qu'un peuple est un peuple ? Kant qui  est toujours plein d'idées, soutient ici cette idée  étrange qu'il ne faut pas qu'un citoyen se pose cette question !!!

Cette interrogation est pourtant centrale. Lorsque je m'interroge ainsi sur l'origine de la France, les historiens m'apprennent -si je les lis bien - que celle-ci remonterait aux Gaulois, puis aux romains puis aux Francs et qu'ensuite ce territoire mélangé aurait été unifié sous la férule des différents rois de France. En "gros" les historiens soutiennent que la France serait une mosaïque de peuples unifiés par une forme étatique centralisée ayant toujours eu son siège en ile de France, d'ou le nom, d'ou le "jacobinisme" et la centralisation bien de chez nous...Ensuite les mêmes historiens nous apprennent que la révolution fut une révolution et qu'alors un contrat "social" devait unifier un peuple qui s'était débarassé de son roi.

La vision "positiviste" de l'histoire n'est certainement pas tout à fait le reflet de la réalité. Celle-ci est plus complexe. Mais quelle est-elle ? Je propose ici deux hypothèses : d'une part, la France se situe dans une longue tradition qui part de la Bible, en passant par les grecs, les Romains et les barbares et les idées qui sont les siennes sur elle-même et le monde sont le croisement de ces apports successifs. D'autre part, la révolution est surtout le moment ou les occidentaux décident de s'unir autour d'idéaux "bourgeois" mais relisant récemment un auteur qui avait participé à la révolution (Benjamin Constant) ce dernier soutenait qu'en fait peu de politiques révolutionnaires croyaient en la révolution en la faisant. Ils ne croyaient déjà pas aux propos qu'ils tenaient. Si Constant a raison, la révolution n'a donc pas été une révolution d'idées mais bien un changement dans la construction de la France : les Français se sont alors réunis pour deux raisons : la sécurité matérielle et le souci de faire du commerce et de s'enrichir ensemble (Guizot : enrichissez vous !).

 Si tel est le cas, on comprend mieux les raisons pour lesquelles nos politiques lorsqu'ils nous parlent ou lorsqu'ils se parlent n'évoquent que des questions économiques , questions économiques d'ailleurs peu abordées en réalité puisque les vrais problèmes ( les  calculs de chiffre signifiants : chomage, valeur éducative, inflation) ne correspondent plus à une réalité effective. Si la France s'est bien constituée sous la férule des rois militaires on comprend aussi pourquoi dés que les crises économiques se sont installées, le besoin a été grand de faire appel à l'armée ou à de grands militaires pour nous "réunifier" souvent par la force (avec plus ou moins de force : Napoléon, Pétain, De Gaulle...).

Il faudrait opérer une vraie refondation et reconstruire le pays sur une autre base, plus saine, plus juste...Cette question de la refondation est d'ailleurs depuis des années au coeur de la philosophie politique américaine et bien absente de nos débats européens et français....Quel dommage ! Mais cherchons à oeuvrer pour que les générations futures ne laissent pas la pensée en jachére comme nous l'avons fait...Oeuvrons à cela et cela passe par une politique éducative ambitieuse, ouverte et sincère... qui rejette enfin l'idée de la domination de la technique et de l'économie, et en général de la vision positiviste du monde....

 

 

 

 

22:52 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (7)

vendredi, 13 juin 2008

Des effets dangereux de l'inflation masquée

J'aimerais ici alerter mes lecteurs sur ce fait surprenant que la misère de l'Allemagne, le fait que celle-ci soit tombée dans les pires atrocités trouvait son origine dans une application trop rigide des textes et des régles et avait à faire avec l'inflation, l'argent. L'Allemagne a voulu se venger de ce que les Nazis appelaient l'odieux traité de Versailles et qui faisait en sorte de lui imposer des contraintes trop fortes et que les démocraties n'ont jamais voulu trop assouplir et aussi  l'inflation trop violente qui  a ruiné les ménages et les riches et sur lesquels aucun assouplissements n'a été opéré. Aujourd'hui nous vivons à l'heure d'une forte inflation masquée : masquée par de faux indices (puisqu'en fait les prix de consommation courante ne sont pas pris en compte (logement, nourriture, essence, habillement) et entre en même correspondance avec des produits moins usités dont on nous dit qu'ils auraient "baissé" ce qui est encore à voir (. Le prix des imprimantes d'ordinateur a baissé mais les cartouches d'encre sont de moins en moins performantes et doivent être changées souvent par exemple....).Cette inflation masquée résulte donc de procédés de calculs discutables et sur lesquels une représentation nationale digne de ce nom devrait alerter le pouvoir exécutif qui agit- rappelons le en principe - sous sa responsabilité et doit  vérifier que la loi est l'expression de la volonté générale.  Si tout ceci s'agrave et eu égard cette vision techniciste du monde qui est la notre, associée à cette logique de l'appitoiement qui consiste à saupoudrer la plaie sans chercher les causes de la maladie et vouloir guérir celle-ci efficacement, alors le pis est possible....les peuples peuvent souffrir et leurs souffrances peuvent conduire à des atrocités qui marqueront à jamais notre histoire et les générations suivantes.

Ne jouons pas avec le feu ! N'oublions pas que tout excés provoque d'autres excés en retour et à rebours....Essayons enfin de tenir compte du fait que les libéraux nous enseignent toujours, à savoir que tout est lié...On nous dit que le libéralisme serait au pouvoir. Fort bien...Alors pourquoi cet oubli de la liaison des choses et des données si importantes ?

 

 

 

 

11:46 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 06 juin 2008

Laisser faire le temps ?

Voici ce que B Constant écrivait à propos d'un politque qui voulut trop se presser et qui finit par prendre le peuple à contre courant : "sa précipitation imprudente révolta contre lui le peu d’esprits indépendants dignes de le seconder. Ils se mirent en opposition contre une autorité vexatoire dont les moyens injustes rendaient le but douteux….La noblesse se soulèva, les prisons se remplissèrent. D’affreux supplices portèrent partout la consternation. Le ministre devint l’objet de l’horreur de toutes les classes… »  Benjamin Constant. « principes de politique.(Version 1806-1810) ». Ed pluriel 1997. Preface T Todorov et présentation. E. Hofmann p 351

L'homme politique avisé doit-il faire un passage en force ou bien doit-il respecter le temps de ses concitoyens ? Constant considérait que la voix du peuple ne devait pas être brusquée car, pensait-il, à un moment ou un autre, le peuple se révoltait et ce faisant bousculait les réformes entreprises .Cette question de la temporalité politique est essentielle. Elle oppose de nombreux philosophes ou penseurs politiques. Pour ce qui me concerne je pense que ce qui importe est de prendre la décision que le politique estime juste lorsqu'il juge opportun de la prendre. Le temps ne doit pas lui dicter ce qu'il doit faire. Cependant, celui-ci peut-être un facteur de sa décision. Le choix adéquat reste cependant celui qui décidera de sa qualité ou non en ce domaine. Le choix adéquat est celui qui correspond à la juste temporalité. Il est dans le tempo et surtout il oeuvre pour le bien. Il calibre parfaitement le moyen convenu à la fin qui est visée. Le bon politique a donc parfaitement identifié la fin qu'il se propose et il sait en quoi celle-ci peut être un bien pour la cité. Sa ligne de mire est ce bien qu'il recherche et qu'il doit mettre en oeuvre. En conséquence si la décision qu'il prend n'apporte pas le bien requis c'est qu'il a fait le choix inadéquat.  Si en revanche le bien  apparaît et se met au jour , que le temps du peuple ait été respecté ou non, il pourra être, selon moi , être qualifié de bon politique. Le problème est que souvent, une capacité aussi fine que la sienne en matière d'observation est requise pour faire en sorte de pouvoir déterminer si le choix opéré était le bon choix. Or peu de personnes ont un jugement aussi avisé que le bon politique et en démocratie, le choix adéquat peut n'apparaître tel que bien des années plus tard au peuple qui le reconnaîtra.Celui qui met le temps en première ligne de ses choix songe à ces questions sans doute. Mais ce faisant il n'est plus un politique, il devient démagogue. L'idéal serait une synergie absolument parfaite entre le jugement du politique et celui du peuple. Un juste milieu peut également s'envisager....C'est certainement ce point qu'il faut trouver : il rejoint la décision adéquate et celle qui sera vue et lue comme telle par le peuple. Car on ne peut faire le bien d'autrui si ce dernier ne se rend pas à l'évidence de ce bien que l'on a pu lui procurer. En conséquence, il ne faut pas laisser faire le temps mais plutôt songer à oeuvrer pour le bien. C'est à dire qu'il faut songer à le faire apparaître lorsqu'il est en puissance ou mettre en mouvement les éléments qui lui permettront d'émerger ou de se créer si les éléments de sa mise au jour ne sont pas encore présents. Mais aussi il importe de faire en sorte que ce bien soit jugé et pris comme tel pour le peuple et non que ce dernier le refuse et le rejette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

23:04 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu