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vendredi, 26 septembre 2008

L'invention de la crise

D'après les recherches que j'ai pu faire sur la question et qui méritent d'être approfondies, c'est à Durkheim que nous devons l'invention du concept de Crise. Durkheim - fondateur de la sociologie - écrivait dans un contexte particulier. Il faut l'expliquer et le rappeler. En fait, nous étions à la fin du XIXème Siècle et l'Europe ne cessait de régler ses conflits internes (essentiellement des luttes entre la bourgeoisie, l'aristocratie et la classe populaire , luttes mal réglées par la Révolution de 89) par des révolutions et des guerres successives. Recherchant un moyen de pacifier les rapports sociaux, Durkheim - avec d'autres à cette époque - en était venu à critiquer la réflexion philosophique, trop générique, trop marquée par le Kantisme et l'Hégélianisme, trop surtout liée aux Lumières selon lui  - pour créer une science. et enfin espérer toucher  à nouveau le public lettré qui s'était lassé de la philosophie.

Le terme de science impliquait une étude rationnelle de la réalité. Il impliquait ainsi rappel aux "citoyens" de la complexité d'un monde et la nécessité de réfléchir avant de vouloir agir ou réagir (soit pour conserver à outrance soit pour révolutionner à outrance)...L'invention de la crise vint à point nommé. En effet, dire qu'une société, un groupe était en crise revenait en fait à rappeler qu'il n'était pas bien en point et qu'il impliquait des réformes. La crise bloquait les revendications des plus faibles et obligeait les plus forts à se remettre en cause. Il me semble que de loin en loin, l'idée fut ensuite reprise par les autres sciences humaines qui se développèrent par la suite et surtout par l'économie... Ce fut une excellente idée pour pousser à la réforme et aux remises en cause .

La crise a ce double effet bloquant et propre à susciter le doute.

Le problème est que lorsque Durkheim devait la diagnostiquer elle était vraie pour tout le groupe et pour tout le monde et il chcerhait des solutions propres au groupe et à la société qu'il prenait comme un tout...Aujourd'hui nous sommes loins d'être dans cette situation. La crise économique diagnostiquée par nos experts depuis 30 ans en Europe ne paraît pas vraiment être une crise économique. Il en est à son égard comme il en est à l'égard de la prétendue non inflation. Depuis 3o ans , loin d'être en crise, les revenus des classes les plus aisées n'ont cessé d'augmenter et ceux des classes moyennes et populaires de diminuer (enfin d'aprés ce que disent les économistes). La dernière "crise" de la société générale à coûté plus de la moitié du budget de la recherche à notre pays et donc des sommes folles se sont évaporées on ne sait ou. Pendant ce temps en revanche le budget des universités et de l'éducation n'a que peu augmenté ...La crise ne paraît pas en être une...Il se passe autre chose dont j'aimerais bien que nos économistes nous disent ce que c'est. Si c'est une crise il faut alors qu'ils nous expliquent pourquoi dans le même temps les écarts de revenus se sont démultipliés.

dimanche, 21 septembre 2008

Le sens ,les limites et René Descartes

Etre c'est aller dans un certain sens et avoir certaines limites. Laisser être c'est permettre à chacun de vivre en fonction du sens qu'il s'est donné pour chercher, trouver ou faire vivre ses limites...Le mal surgit dans sa violence chez ceux qui ont toujours été contraints, pour ceux dont on a toujours ignoré le sens et les limites. Il en est du monde comme des individus et nous l'avons souvent trop ignoré en pensant que nous devions nous rendre maîtres et possesseurs de la nature ou plus exactement en comprenant mal le sens de cette phrase prononcée par Descartes qui a été si souvent mal compris....Se rendre maître et possesseur de  la nature ce n'est pas la contraindre, c'est être maître avec elle,c'est à dire etre comme le bon maitre qui laisse être, qui laisse la nature de chacun et de tous aller dans le bon sens en respectant les justes limites...

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jeudi, 18 septembre 2008

Travailler mieux pour gagner mieux

Que pourrait-être une politique qui se demanderait comment nous pourrions faire pour mieux travailler et faire en sorte que nos vies et celles de nos semblables soient améliorées par le travail que nous accomplirions chaque jour ? Ne serait-ce pas la politique idéale ? Mais la politique peut-elle faire ce type de propositions ?

Je l'ignore.

Je sais en revanche qu'une recherche philosophique s'orientant sur ces questions pourrait nous aider sur bien des points à ce sujet....Plus,plus mais pourquoi faire ? Si ces sommes que l'on gagne créent du moins autour de nous et si tout ce que nous faisons n'apporte rien aux autres? Travailler c'est aussi oeuvrer. Voir le travail sous la forme du "toujours plus" c'est envisager celui-ci uniquement au sens latin du terme (labor), labeur. Mais le travail n'est pas que labeur et Locke -fondateur du libéralisme - (second traité de gouvernement civil) l'a si bien montré. Le travail libère et plus encore lorsqu'il est bien fait...

Dans nos sociétés certains sont malheureux de n'avoir plus de travail. Ils ne travaillent pas et gagnent pourtant leur vie en la perdant car ils ont perdu tous les aspects libérateurs du travail. D'autres sont épuisés par des cadences de plus en plus infernales qui leurs sont imposées car ils sont de moins en moins nombreux à travailler pour faire vivre les autres. D'autres enfin ne font rien et gagnent beaucoup d'argent en dormant, alimentant ainsi de manière violente la bulle financière et immobilière qui augmente les prix et rend la vie de ceux qui travaillent encore plus difficile, les obligeant à travailler plus et à prendre du travail à ceux qui en veulent rendant le travail encore plus rare et ainsi de suite....Voilà le cercle vicieux dans lequel nous sommes enfermés. C'est à lui qu'il faudrait s'attaquer...Ce n'est pas par le plus mais par le mieux, par une réflexion sur le mieux que nous pourrions peut-être y arriver. Alors je pose une question comme cela en l'air....et si tous les penseurs de notre pays se donnaient la main pour s'interrroger sur la question suivante : comment faire en sorte que nous puissions mieux travailler pour que ce que nous faisons puisse apporter du mieux....?

Je vois tout de suite l'objection poindre : mais le mieux, le mieux....Tout le monde ne le voit pas de la même manière ....? Oui, c'est le relativisme de notre époque. A celui là je réponds mais le plus c'est la même chose pourtant on demande à tout le monde du plus pour du plus. Mais quel plus ? ....Ici il n'est plus question de relativisme. On est sur de soi. Hum....On est d'accord pour dire que certaines choses sont relatives et pas d'autres donc....Si nous commençons comme cela nous ne sortirons jamais de ce cercle et à mon avis, la crise économique et sociale que nous traversons ne sera guère résolue....La seule manière de le faire est de se mettre au moins d'accord sur ce qu'il y a de pire et ce qu'il y a de mieux. Or je propose de soutenir qu'une cité où le lien social et l'injustice se développent ne créent pas du mieux. Or il n'est pas juste que certains travaillent beaucoup pour ne rien percevoir et d'autres (qui ne font rien) perçoivent des sommes et des avantages considérables. Il faut des différences, des hiérarchies mais trop de différences, trop de privilèges tuent les privilèges....Les extrêmes sont proches. Ceux qui veulent l'extrême égalité (qui est le contraire de la justice) souhaitent au fond la même chose que ceux qui aspirent à l'extrême inégalité...Ce qu'ils veulent c'est détruire le lien social pour des raisons qui m'échappent par contre .

 

dimanche, 14 septembre 2008

La politique du bouc émissaire

Certains soutiennent  que la politique est l'art de se trouver un ennemi commun et de tout faire pour l'attaquer. Cela n'est pas la politique c'est la politique du bouc émissaire  - et sur ce point c'est René Girard qui a tout compris -. En effet, on n'est pas français pour combattre les allemands,allemands pour vaincre les anglais, etc

Ceux qui raisonnent ainsi ne voient (selon moi) le monde qu'à travers la logique du bouc émissaire. et n'ont qu'une vision basse de la basse politique qui existe mais qui n'est pas La Politique.

Moise avait compris cela est c'est la raison pour laquelle il avait institué ce rite que d'aucun trouveraient aujourd'hui "barbare" et qui consiste à se choisir un bouc, le charger de nos pêchés et  del'envoyer ensuite dans le désert.

En faisant cela il a voulu montrer ce que les hommes font souvent à certains autres et c'est cela qui est vraiment, vraiment BARBARE....Ils les choisissent , s'acharnent sur eux et incapables de se trouver un point commun considérent qu'ils forment une communauté parcequ'ils se sont trouvé l'ennemi commun. Mais on finit un jour ou l'autre et toujours par payer cette vision barbare de faire de la politique.
On fait de la politique ensemble parceque l'on partage des valeurs communes et celles-ci sont communes non pas parce que d'autres ne les partagent pas mais parceque l'on y croit ENSEMBLE !!!

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Peut-être faudrait-il se trouver des substituts à tout cela pour leur permettre de s'acharner et de faire montre de leurs paresses....Souvent d'aillleurs ce substitut est le minoritaire, l'étranger, le sans papier, puis l'homme politique ,le professeur, les parents, etc... 
Et si nous cessions de nous trouver des hommes pour signifier cela en nous choisissant des thèmes communs , des valeurs communes que nous mettrions ensemble et en commun ?. Se trouver des amis communs tiens, n'est ce pas une meilleure manière de faire de la politique

samedi, 13 septembre 2008

Le lien des extrêmes

Dans son livre intitulé la République, Platon , rappelle que les pays et les cités peuvent se construire de deux manières : soit elles suivent un cercle vertueux (les plus nobles moralement gouvernent et ils font en sorte d'aider la cité à vivre heureuse et épanouie) soit un cercle vicieux (tout le monde se laisse abuser perpétuellement par les apparences et croyant tout dominer se fait dominer par un cycle infernal dont on ne peut se sortir).Il y a donc du circulaire dans le vice et dans la vertu. Le cercle du vice est dirigé par les extrêmes qui s'entretiennent, se rejoignent et s'aident mutuellement. Ce sont eux qui dictent leurs lois aux autres. Ils ont l'air opposés. Ils ne le sont pas. Ils s'entraident pour pouvoir poursuivre le gouvernement de la cité. Enfin ils croient gouverner. En réalité, nous rappelle justement Platon ce sont surtout leurs désirs qui les gouvernent et les fausses apparences qui les guident...Sautillants qu'ils sont, ils vont d'une lumière à une autre, incapables de se fixer sur un sujet et l'approfondir, le traiter vertueusement...Ne nous étonnons donc jamais de voir un groupe extrême nourrir son contraire. Il en est et en sera toujours nécessairement ainsi puisqu'ils dirigent le cercle vicieux dans lequel ils nous entraînent et surtout dans lequel ils vivent eux-mêmes comme au milieu d'un gigantesque tourbillon.....

 

 

11:07 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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