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samedi, 27 décembre 2008

La culture de l'esprit et la recherche du vrai

Que faudrait-il faire pour favoriser le développement de l'intelligence dans notre pays ? Former les hommes à la réflexion, les inciter à la pensée. Penser, consiste à essayer de "discuter" un problème, à accepter de le voir de face pour l'interroger sans préjugé.  L'enseignement philosophique d'un Descartes nous conseille de tout mettre en doute. On dit que Leibniz, pour sa part, se défiait de cette méthode qu'il pensait devoir être en mesure de favoriser les sentiments personnels..Je doute souvent, il est vrai, de ce qui m'est étranger...Or ce qui m'est étranger est parfois vrai. Leibniz préférait donc l'enseignement de la logique....En accordant la toute première place aux mathématiques,notre enseignement a choisi l'option pour la logique...Le doute ne vient qu'en dernier lieu, en terminale avec l'enseignement de la philosophie. Aristote , quant à lui, privilégiait la recherche et Platon la dialectique, au sens d'un dialogue entre personnes cherchant le vrai et voulant le faire advenir dans la plus pure bonne foi...Tous ces moyens sont bons. L'essentiel est surtout de "réfléchir" la question, c'est à dire de ne pas l'entreprendre par force mais de faire en sorte de l'envisager sous le plus grand nombre de plans possibles pour tenter d'en découvrir la vérité...Vérité qui ne s'offre de toute manière que par exception.  Mais ce n'est pas parce que ceux qui cherchent trouvent peu qu'il faut attaquer l'esprit de recherche car il n'y a que ceux qui ont cherché qui trouvent. Il faut donc certainement développer l'esprit de recherche dans notre pays, valoriser l'élite qui recherche ( et pas seulment au niveau scientifique mais surtout celle qui recherche ce qui est juste et vrai) pour peut-être aussi redonner gout à nos concitoyens pour la culture de l'esprit et la recherche du vrai.

vendredi, 26 décembre 2008

Un monde de bulles qui s'ignore

Qu'est ce que notre époque laissera en héritage aux générations qui vont suivre ? Pas grand chose, si ce n'est de la déprime et du repli sur soi, des SDF en nombre incalculable et des drames de l'horreur quotidienne asséné par les médias à tour de journaux télévisés scénario catastrophe ( des bébés congelés, des femmes tuant leurs cinq enfants,la crise toujours et encore...)

Une  élève de terminale nous disait l'autre soir en conseil de classe qu'elle allait arrêter ses études pour devenir assistante maternelle agréé aprés le bac. Certains professeurs présents étaient sidérés. Mais "tu es intelligente, tu peux mieux"...Mais pourquoi ferait-elle plus d'études ? Il faut savoir qu'en Ile de France une AMA, un plombier gagnent beaucoup plus qu'un docteur en telle ou telle matière et bien plus encore qu'un professeur évidemment !!.
Nos élèves,nos étudiants ne recherchent plus que les études qui "paient". L'un d'eux me demandait comment j'ai eu mon bac. Je lui ai répondu que je l'avais eu avec mention trés bien....Et vous n'êtes que professeur ! s'est-il exclamé. Nous en sommes là.

L'époque - qui fut celle de mes vingt ans - glorifiait les hommes de lettres et les penseurs... Etant jeune, au quartier latin, je me souviens encore de ces librairies qui nous faisaient rêver. Etions nous une élite privilégiée ? Aujourd'hui les librairies sont des boutiques de luxe...Les études doivent payer et les intellectuels ne gagnent ni leur vie ni n'ont de reconnaissance du public. Nostalgie ?

Le conformisme ambiant a soutenu qu'en fait ces études ne donnaient rien, qu'elles ne valaient rien, qu'il fallait faire des études qui paient...Mais voilà bien le drame de notre époque : nous cherchons tous ce qui paie et nous ne payons que ce que nous croyons qui paie..
Mais dans le monde ou nous vivons, les études permettent - comme la science - de donner une autre place aux hommes. Elle leur permet d'exister et de faire exister un monde de possible. Elle ouvre sur d'autres horizons et les universités devraient être un lieu de recherche et de rencontres réelles et de possibles virtuels enthousiasmants.

Ce monde de possible permet alors de faire en sorte de sortir de cet horizon du "réel", de la "matière" pour se dire que le monde n'est pas tel qu'il est ou qu'il nous est décrit par les médias mais qu'il contient aussi de multiples possibles et que nous pouvons parfaitement vivre dignement à l'intérieur de ces possibles. Le savant, dans ce monde, est celui qui fait vivre les possibles et qui (parfois par exception) les fait devenir réels...Ce monde trop réel dans lequel nous vivons a fabriqué tout cela...Il importe aux intellectuels de sortir de cette masse pour montrer que le monde des possibles est aussi du réel. De plus, la science et le savoir était un moyen de construire une société un peu méritocratique à côté de la société de l'autorité et de l'argent...Ce méritocratisme n'est plus semble t il puisqu'il s'enfuie avec le déclin du savoir.
Il faudrait essayer de comprendre ce qui s'est passé. Je pense que cela a commencé précisément lorsque l'on a voulu "rematérialiser" le monde en pensant qu'il avait été TROP dématérialisé... Je veux dire par là que tout ceci s'est produit au moment où l'on a soutenu que nosu étions "trop" intellectuels et que l'exception française a été critiquée. Cette critique avait des causes profondes qu'il faudrait approfondir. Mes recherches sur le sujet m'ont confirmées qu'elles sont venues avec le déclin de la science et la montée des pouvoirs administratifs au détriment des pouvoirs législatifs, donc de la démocratie en général... Le possible s'est ainsi refermé...Pourquoi ? Plusieurs causes, qu'un articlede blog ne pourrait reprendre en leur totalité...D'ailleurs qui le lirait s'il était trop long (même lorsqu'il est peu long d'ailleurs) ?

Le besoin de rêve s'est déporté sur la finance...Regardons le monde dans lequel nous vivons depuis 3O ans ! C'est un monde de bulles : bulle financière, bulle immobilière, bulle télévisuelle, bulle de la jet set et des médias, bulle du cinéma. Nous avons tellement besoin de réver et de nous illusionner que dans ce monde du "réel" nous avons construit en son coeur un centre totalement désincarné.

mercredi, 24 décembre 2008

Crise...de quoi ?

On nous parle de "crise". Mais je me demande si tout n'a pas commencé lorsque l'on nous a indiqué que l'homme était "un loup pour l'homme", qu'il n'était pas "socialement" déterminé - donc pas fait pour vivre naturellement avec ses semblables (Hobbes), qu'il était dégénéré (Rousseau) et que dans le même temps la religion qui laissait croire en la possibilité d'un Dieu bienveillant a été renvoyé au rang de leurre bien commode pour gouverner les foules. Finalement tout a commencé avec quelques mauvais côtés de la modernité qu'il faudrait enfin avoir le courage de réinterroger.

En effet si l'homme n'est pas naturellement "sociable",  il devient impossible qu'il s'autogouverne et que les villes et les pays soient gérées par des groupes de citoyens volontaires....S'il n y a pas de Dieu, alors la vie n'a pas de sens particulier et n'est que le fruit du hasard et en ce cas, comment motiver les foules ?

Nous sommes effectivement en "crise" car nous nous sommes rendus à l'évidence que ces modèles posaient problème. Mais nous sommes "tétanisés", nous ne voulons pas et ne pouvons pas trouver d'autres modèles. Nous craignons un retour vers l'Ancien régime... Finalement - et je suis bien conscient en le disant de redire ce que d'autres disent mais j'essaie ici de mettre des réponses sur les points d'interrogation - cette "crise" est avant tout un problème de repères égarés et à reconstruire et personne ne veut ou ne peut offrir d'autres pistes. Chacun finalement préfère adopter la position proposée par Descartes dans le discours de la méthode :"Vous êtes perdu, en pleine forêt?" Continuez à suivre le même chemin. Le problème ici est que nous avançons de plus en plus profondément dans cette forêt et que les clairières sont de plus en plus rares et que les plus faibles restent sur le bas côté.

 

 

dimanche, 21 décembre 2008

Education, philosophie et psychologie

Notre système psychologique peut connaître des impasses. Il peut aussi faire en sorte de faire de curieuses associations. Nous savons cela depuis Hume et Spinoza. Ces derniers ont rapidement compris que nos affects étaient reliés les uns aux autres. J'ai eu l'occasion de me rendre à l'évidence l'autre jour en discutant de ces questions avec un de mes camarades. Nous pouvons par exemple considérer que les études sont impossibles pour nous parce que nous avons vécu dans une forme d'urgence permanente. Au contraire, certains associent études et utilité. Ceux là sont souvent "dominés" par des parents qui "investissent" sur leurs enfants. A ce moment, ces enfants font en sorte de rejeter les logiques d'investissements. Ils finissent par vouloir de la gratuité en tout, et ce même lorsqu'ils étudient et ainsi peuvent être des proies faciles pour certains prédateurs peu scrupuleux. Il faudrait "creuser" ces questions d'association et le rapport que chacun d'entre nous (adultes mais aussi adolescents et enfants) avons avec l'étude. Si une réflexion intense est menée sur l'éducation, les aspects "psychologiques" ne pourront être niés selon moi. Un pays où les hommes ont la "tête bien faite" plutôt que la tête bien pleine (ou vide ce qui revient au même) est un pays en bonne santé, en mesure de résister aux assauts multiples de l'existence...Enfin selon moi...

 

 

jeudi, 18 décembre 2008

Vérité et concret

Toujours sur la vérité....

 

Bertrand Russell, cette fois.

Il nous rappelle que pour élaborer une théorie de la vérité, il faut être capable d'envisager la possibilité du faux. On ne sent pas à quel point cette remarque est juste et si concrète. Je voudrais ici donner un exemple pratique de cette affirmation. Elle montrera à quel point la philosophie est loin d'être abstraite comme le soutiennent souvent ses détracteurs...

Mon expérience concrète est la suivante : je suis allé l'autre soir m'acheter une pièce pour réparer une petite fuite chez moi faute de ne pouvoir trouver un plombier dans l'urgence (et oui...)...Le vendeur de pièces détachées m'a d'abord vendu un objet qui ne m'a pas paru correspondre à ce que j'avais (donc j'ai enviagé l'hypothèse de l'erreur et du faux). Je l'ai alors interrogé, questionné. J'ai douté avec lui. Finalement, il m'a donné une autre pièce qui s'est avéré être la bonne et nous avons ainsi ensemble pu trouver la vérité de ma fuite...Ceci parcqu'il a lui aussi considéré à un moment qu'il aurait pu se tromper la première fois.

En d'autres termes, on ne peut envisager et trouver la vérité qu'avec ceux qui sont capables d'estimer qu'à un moment ils se trouvent peut-être en plein dans son contraire, c'est à dire l'erreur. Merci Bertrand Russell et la philosophie.

 

 
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