Avertir le modérateur

dimanche, 25 janvier 2009

Des fins de l'éducation ?

Il faudrait que l'on m'explique les raisonspour lesquelles la philosophie va si mal aujourd'hui dans notre enseignement. Les professeurs de philosophie sont en nombre de plus en plus restreint. La philosophie est éjectée des universités. Elle occupe une place de plus en plus faible et pendant ce temps on ne cesse de faire en sorte de dépenser des sommes folles pour des stages de perfectionnement, des stages d'humanité, on se désole du manque de culture générale et de culture de soi de nos concitoyens....Mais si l'Etat doit oeuvrer dans un domaine ne doit-il pas précisément oeuvrer afin de développer ce que les stoiciens appelaient le "soin de son âme", le "souci de soi" comme l'écrivait M. Foucault ? Et en ce cas une philosophie plus axée sur l'homme, son développement, son bonheur, son épanouissement ne devrait-elle pas devenir centrale dans l'enseignement supérieur et secondaire français ? Le fait que l'on ne se pose plus ce type de questions est en soit pour moi un problème et il serait temps sans doute que ce problème soit envisagé avec celui des fins précises de l'éducation...L'école sert certes à se construire un avenir mais elle sert aussi à se forger une âme....à se construire un être, à acquérir un supplément d'être.

Commentaires

La Fonction de l’Education


Je me demande si nous nous sommes jamais posé la question du sens de l’éducation.

Pourquoi va-t-on à l’école, pourquoi étudie-t-on diverse matières, pourquoi passe-t-on des examens, pourquoi cette compétition pour l’obtention de meilleures notes ?

Que signifie cette prétendue éducation, quels en sont les enjeux ?

C’est une question capitale, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les parents, les professeurs, et pour tous ceux qui aiment cette terre où nous vivons. Pourquoi nous soumettons-nous à cette épreuve qu’est l’éducation ? Est-ce simplement pour obtenir des diplômes et un emploi ?

La fonction de l’éducation n’est elle pas plutôt de nous préparer, tant que nous sommes jeunes, à comprendre le processus global de l’existence ?

Avoir un emploi et gagner sa vie sont une nécessité – mais n’y a-t-il rien de plus ? Est-ce là l’unique but de notre éducation ?

Assurément, la vie ne se résume pas à un travail, à un métier ; la vie est bien plus que cela, elle est une chose extraordinaire, un grand mystère, ample et profond, un vaste royaume au sein duquel nous fonctionnons en tant qu’êtres humains.

Si nous ne faisons que nous préparer à assurer notre subsistance, nous passerons totalement à coté de ce qu’est le sens de la vie ; or comprendre la vie est beaucoup plus important que de passer des examens et d’exceller en mathématiques, en physique ou que sais-je encore.

Donc, que nous soyons enseignants ou étudiants, l’essentiel n’est-il pas de nous demander pourquoi nous éduquons ou sommes éduqué ? Et quel est le sens de la vie ?



N’est-elle pas extraordinaire ? Les oiseaux, les fleurs, les arbres resplendissants, le firmament, les étoiles, les rivières et les poissons qui peuplent leurs eaux, c’est tout cela la vie.

La vie, ce sont les pauvres et les riches, c’est la lutte incessante entre groupes, entre races, entre nations ; la vie, c’est la méditation ou la prière, c’est ce qu’on appelle la religion, mais c’est aussi l’esprit et ses subtils secrets – les jalousies, les ambitions, les passions, les peurs, les accomplissements, les désirs et les angoisses. La vie, c’est tout cela et bien plus encore.

Mais en général nous nous préparons à n’en appréhender qu’un petit recoin. On décroche certains diplômes, on trouve un emploi, on se marie, on a des enfants et l’on devient peu ou prou une espèce de machine ; on reste craintif et anxieux, on a peur de la vie.

L’unique fonction de l’éducation est-elle donc de nous préparer à répondre à une vocation, à obtenir la meilleure situation possible, ou bien de nous aider à comprendre la vie ?

Qu’adviendra-t-il de nous tous une fois atteint l’âge d’homme ou de femme ? Vous êtes-vous jamais demandé ce que vous alliez faire quand vous serez adultes ?

Selon toute probabilité, vous allez vous marier, et, avant même de comprendre ce qui vous arrive, vous serez devenus parents ; vous serez alors ligotés à votre bureau ou à votre cuisine, où vous allez peu à peu dépérir. Votre vie, va-t-elle se résumer à cela ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Cette question n’est-elle pas légitime ?

Si vous êtes issus d’une famille riche, une belle situation vous attends, votre père peut vous assurer un emploi rémunérateur ; ou vous pouvez faire un beau mariage ; mais là encore, vous allez vous abîmer, vous détériorer. Vous saisissez ?



De toute évidence, l’éducation n’a de sens que si elle vous aide à comprendre ces vastes horizons de la vie, avec toutes ses subtilités, son extraordinaire beauté, ses joies et ses peines.

Vous aurez beau décrocher des diplômes, des distinctions mentionnées sur vos cartes de visites, une très belle situation - et après ? A quoi bon tout cela, si en chemin votre esprit devient terne, las, stupide ? N’est-il pas de votre devoir, tant que vous êtes jeunes, de découvrir ce qu’il en est de la vie ? Le rôle véritable de l’éducation n’est-il pas de cultiver en nous l’intelligence qui tentera de trouver la réponse à tous ces problèmes ?

Mais savez-vous ce qu’est l’intelligence ? C’est, assurément, la capacité de penser librement, sans crainte, sans a priori, de sorte que vous commenciez à découvrir par vos propres moyens ce qui est réel, ce qui est vrai ; mais si vous avez peur, jamais vous ne serez intelligent. Toute forme d’ambition, quelle qu’elle soit, spirituelle ou matérielle, engendre l’angoisse, la peur ; l’ambition ne favorise donc pas l’émergence d’un esprit clair, simple, direct et donc intelligent.

Il est essentiel que vous viviez vos jeunes années dans un environnement duquel la peur soit absente. En prenant de l’âge, nous devenons généralement craintifs, nous avons peur de la vie, du chômage, des traditions, peur des voisins, des réflexions de notre conjoint, peur de la mort.

La peur, sous une forme ou sous une autre, habite la plupart d’entre nous – or, là où règne la peur, point d’intelligence. N’est-il donc pas possible pour nous tous, alors que nous sommes jeunes, de vivre dans un environnement exempt de peur, dans une atmosphère de liberté – celle-ci consistant non pas à agir à sa guise, mais à comprendre l’ensemble de processus de la vie ?

La vie est authentiquement belle, sans rapport avec ce que nous avons fait – une chose affreuse ;et vous ne pouvez en apprécier la richesse, la profondeur, l’extraordinaire beauté que si vous vous révoltez contre tout – contre la religion organisée, contre la tradition, contre cette société pourrie d’aujourd’hui – afin de découvrir par vous-même, en tant qu’être humain, ce qui est vrai. Ne pas imiter, mais découvrir, c’est cela, l’éducation, n’est-il pas vrai ? Il est très facile de vous conformer aux injonctions de votre société, de vos parents ou de vos professeurs. C’est un mode d’existence sans risques ni problèmes, mais qui n’est pas la vie, car il porte en germe la peur, la décrépitude et la mort.

Vivre, c’est découvrir par soi-même le vrai, et cela n’est possible que lorsque la liberté est là, lorsqu’il y a en vous, au plus profond de vous, une révolution permanente.

Mais vous n’êtes pas encouragés dans ce sens ; nul ne vous invite à remettre les choses en question, à découvrir par vous-même ce qu’est Dieu, car, si jamais vous vous rebelliez, vous mettriez en danger tous ces faux-semblants.

Vos parents et la société veulent vous voir vivre dans la sécurité, et vous de même. Vivre sans risques signifie en général vivre en imitant, et donc en ayant peur. Or, de toute évidence, le rôle de l’éducation est d’aider chacun d’entre nous à vivre librement et sans peur – ne croyez vous pas ? Mais créer une atmosphère d’où la peur soit absente suppose une profonde réflexion tant de votre part que celle du maître, de l’éducateur.

Savez-vous ce que cela signifie – et quelle merveille ce serait – que de créer, une atmosphère dénué de peur ? Et nous devons la créer, car nous voyons bien que le monde est en proie à des guerres sans fin, guidé par des politiciens toujours plus avides de pouvoir ; c’est un univers de juristes, de policiers et de soldats, d’hommes et de femmes assoiffés de réussite sociale et se battant pour l’obtenir. Il y a aussi les prétendus saints, les gourous religieux et leur cortège d’adeptes : eux aussi veulent le pouvoir, le prestige, en ce monde ou dans l’autre.

Ce monde est un monde fou, en proie à la confusion totale, un monde où le communiste combat le capitaliste, où le socialiste résiste à l’un comme l’autre et où chacun a un adversaire, et lutte pour parvenir en lieu sûr et atteindre une situation de pouvoir, de confort. A l’intérieur même de chaque camp politique, il y a des divisions, comme dernièrement le libéralisme qui aura eu raison du système capitaliste, aujourd’hui agonisant. Le monde est écartelé entre croyances contradictoires, distinctions de caste et de classe, nationalités qui divisent, stupidités et cruauté de tous ordres - et c’est dans ce monde-là que l’on vous apprend à vous intégrer. On vous encourage à entrer dans le cadre de cette société désastreuse ; c’est ce que souhaitent vos parents, et vous aussi vous voulez vous y insérer.

Le rôle de l’éducation est-il donc simplement de vous aider à vous plier aux schémas de cet ordre social pourri ou au contraire de vous donné accès à la liberté – la liberté totale de grandir en âge et en sagesse et de créer une autre société, un monde neuf ?

Cette liberté, nous la voulons – pas dans les temps à venir, mais là, maintenant, sinon nous risquons tous l’anéantissement. Nous devons dans l’immédiat, créer une atmosphère de liberté afin que vous puissiez vivre et découvrir par vous-mêmes ce qui est vrai, devenir intelligents et capables d’affronter le monde et de le comprendre, au lieu de vous y soumettre, de sorte que psychologiquement parlant il y ai en vous, au plus profond de vous, un esprit de révolte permanent. Car seuls ceux qui sont constamment en révolte découvrent la vérité – contrairement au conformiste qui obéit à une tradition. Ce n’est qu’en étant perpétuellement en recherche, ce n’est qu’en observant sans cesse, en apprenant sans cesse que vous trouverez la vérité, Dieu, ou l’Amour ; et vous ne pouvez ni chercher, ni observer, ni apprendre, ni être profondément conscient des choses si vous avez peur. La fonction de l’éducation est donc assurément d’éradiquer en soi et en dehors de soi cette peur qui détruit la pensée humaine, les rapports humains et l’Amour.

Écrit par : pierre philo... | lundi, 26 janvier 2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu