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jeudi, 29 janvier 2009

La vie, le travail, le loisir et l'école

Pourquoi travailler ?

Lles Anciens nous ont appris que le travail existe en vue du loisir et le loisir ce n'est pas le divertissement qui n'est autre que la fuite de soi et de l'autre...Le loisir, la "skolé", c'est précisément ce que nous devrions faire à l'école : le temps de la vie, le temps de l'esprit, le temps de ce qui est le plus noble en l'homme, ce qu'ils appelaient "nous"...Ce "nous"est un mélange d'intelligence et de sensibilité pour Aristote. Il ne sépare pas le coeur et l'esprit...Nous travaillons donc dans ce seul but, permettre au coeur et à l'esprit de s'épanouir, de se développer, de s'agrandir et de se créer et de se recréer...Nous travaillons pour "vivre" et pour "gagner notre vie" au sens où la vie n'est autre précisément que celle de l'homme vivant, non du cadavre - comme le rappelle encore le grand Aristote -....Le cadavre c'est cet homme qui n'a évidemment pas de quoi se nourrir, se vêtir, rencontrer ses semblables, échanger, exister mais c'est aussi celui qui a perdu son "âme", au sens où il a perdu son coeur et son esprit, qu'il s'est égaré, perdu à lui-même...Il nous faudrait pourtant ici réiventer une école qui serait une véritable skolé, un lieu précisément où l'esprit et le coeur pourrait s'épanouir et où l'individu pourrait avec lui vivre sa vie d'être vivant...apprendre à vivre et laisser vivre l'autre de cette manière, sans l'exploiter, sans faire de lui un moyen au service de nos propres fins, un outil que l'on jette après usage. En ce cas, l'école ne doit plus seulement concerner les enfants mais doit nous toucher nous aussi les adultes sinon celle-ci risque de se transformer en un lieu de dressage ce qu'elle ne doit impérativement jamais devenir.

 

 

mardi, 27 janvier 2009

Du but de l'éducation

Souvenons-nous de ce qu'écrivez Aristote concernant les buts de l'éducation : habituer à prendre plaisir au bien....c'est à dire à l'action en vue de l'excellence, c'est à dire à faire bien ce que l'on a à faire et aller toujours vers ce que l'homme se doit d'être : soucieux de lui-même, de son être et du commun, soucieux de ce qui le fait homme...C'est au politique qu'il revient de penser les moyens de conduire les enfants vers cette habitude et ce par de bonnes lois et de bonnes habitudes, par le souci de l'être qui doit l'animer. Pour Aristote, la pensée de l'éducation et la philosophie de l'éducation est philosophie politique par excellence... Je ne crois pas que l'on puisse le contredire.

 

lundi, 26 janvier 2009

D'une lecture archéologique et transverse des Anciens

Ce qui se profile aujourd'hui dans notre monde contemporain, cette "crise" de la modernité était à prévoir et elle était annoncée depuis de nombreuses années par différents penseurs. J'ai déjà écrit qu'il fallait la faire remonter à Rousseau....Léo Strauss l'avait compris...Mais que faut-il faire ? Revenir vers eux ?

Le problème est ici que ces Anciens portent aussi en eux des stigmates dont les Modernes auraient pu nous débarasser...L'idéal serait ici de revenir à ce qui faisait véritablement le coeur profond et certain de la pensée Ancienne, celle qui a été dissoute en quelque sorte par de mauvaises interprétations et qu'au contraire par certains côtés les Modernes ont permis de faire rejaillir. En quelque sorte, il conviendrait de se livrer à une véritable archéologie des pensées Anciennes, des moeurs Anciennes pour faire retour à notre genèse. Ce n'est que cela que Rousseau préconisait en fait....On se masque cependant, on refuse de réfléchir et de penser sur cette genèse. Elle est obscurcie pour des raisons que Freud avait remarquablement bien compris....On ne veut pas voir la genèse puisqu'elle a été meurtrie, assassinée... C'est ce crime premier qui est au coeur d'une crise qui rejaillit et qui ne cesse de s'affirmer....Elle est alors collective et touche chaque individu, chaque famille en son coeur, d'où la difficulté pour le politique à la résoudre seule. La résolution ne peut venir que d'une alliance conjointe d'un traitement psychologique, juridique, philosophique et historique....Au niveau de la méthode, peut-être faudrait-il penser un travail archéologique et transversal de ce qui était, de ce qui existait....Le tout devant s'opérer avec un soin particulier pour les individus, pour les familles et pour la souffrance du tout et des parties...

dimanche, 25 janvier 2009

Des fins de l'éducation ?

Il faudrait que l'on m'explique les raisonspour lesquelles la philosophie va si mal aujourd'hui dans notre enseignement. Les professeurs de philosophie sont en nombre de plus en plus restreint. La philosophie est éjectée des universités. Elle occupe une place de plus en plus faible et pendant ce temps on ne cesse de faire en sorte de dépenser des sommes folles pour des stages de perfectionnement, des stages d'humanité, on se désole du manque de culture générale et de culture de soi de nos concitoyens....Mais si l'Etat doit oeuvrer dans un domaine ne doit-il pas précisément oeuvrer afin de développer ce que les stoiciens appelaient le "soin de son âme", le "souci de soi" comme l'écrivait M. Foucault ? Et en ce cas une philosophie plus axée sur l'homme, son développement, son bonheur, son épanouissement ne devrait-elle pas devenir centrale dans l'enseignement supérieur et secondaire français ? Le fait que l'on ne se pose plus ce type de questions est en soit pour moi un problème et il serait temps sans doute que ce problème soit envisagé avec celui des fins précises de l'éducation...L'école sert certes à se construire un avenir mais elle sert aussi à se forger une âme....à se construire un être, à acquérir un supplément d'être.

samedi, 24 janvier 2009

Pour le savoir

La physique d'Einstein me paraît avoir remis en cause la physique de Galilée en trois points au moins. En effet :

1) Galilée soutenait que les lois qui régissaient la terre étaient identiques à celles régissant la lune. La théorie de la relativité nous a montré qu'il n'en était pas tout à fait de même.

2) Il soutenait (avec Epicure et Démocrite revisité) que la matière était distincte de l'énergie. La formule E = MC2 montre les liens entre énergie et matière.

3) La physique Galiléenne voyait tout en termes de lois rigides. La théorie de la relativité et la remise en cause du concept scientifique traditionnel de loi notamment par Khun et Popper montre qu'il faut abandonner cette vision.

Ce retour physique vers Aristote se retrouve dans le domaine de la philosophie morale et politique : Hiedegger, Arendt, Strauss, Michel Villey et John Rawls pronent malgré tout un tel retour ce même si certains cités se "dissimulent" derrière un Kant interprété de manière peu orthodoxe. Certains de ces auteurs cherchent des compromis entre Anciens et Modernes.  Le coeur de notre crise se trouve dans cet entre deux : nous avons conscience de ne plus croire aux fondamentaux des Modernes mais nous craignons de revenir vers des Anciens qui admettaient par exemple : l'esclavage, la notion "historique de peuple", la différence entre les individus. Pourtant malgré tout c'est à cette remontée d'une telle philosophie que nous assistons aujourd'hui. Le pire est que cette remontée est inavouée...

Il faudrait enrayer cette remontée insidieuse et au contraire revenir vers les Anciens en nous souvenant des leçons des Modernes et en les interprétant à la lumière de ce qu'ils ont pu nous apprendre. Il faut revenir vers eux en cessant de les interpréter comme les Lumières avaient pu le faire, en en refaisant une lecture plus neuve, moins emprunte de préjugés. Notre ré-généressence impose un tel retour. Nous le pensons au moins depuis Rousseau, me semble t- il. D'ailleurs il est fort probable que cette crise a commencé  avec la Révolution française. Le mouvement des idées philosophiques s'étend sur un temps plus long que le mouvement des idées politiques. L'archéologie d'un Freud ou d'un Foucault vont me semble t il en ce sens....Une telle proposition suppose le retour d'une philosophie encyclopédique et savante, voire transversale, tout autant que non savante et spécialisée. En d'autres termes il faut à la fois des savants mais des savants ouverts à la sensibilité d'un peuple porteur d'une sagesse qu'il faut écouter pour refonder la philosophie et refaire d'elle la première servante du savoir au service du plus grand nombre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23:47 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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