Avertir le modérateur

samedi, 28 février 2009

Les bulles encore...

Lu dans un texte du psychanalyste G. Corneau que la dépression se caractérise par le fait de s'enfermer dans une bulle, de refuser de voir le monde extérieur, de se couper de lui.

Décidément...!

Cette analyse du psychisme confirme que la "crise" que nous vivons (et qui avait commencé par une multitude de bulle qui s'étaient constituées, bulles financière, immobilière, culturelle, etc...) est en grande partie d'ordre psychologique : une dépression rampante et généralisée qui a gagné toutes les sphères de la société et de l'économie, ainsi que de la culture et qui a conduit à la situation d'enfermement des savoirs et des individus dans lequel nous vivons, dans certains cas et qui implique donc que, pour qu'elle puisse trouver des issues que la philosophie politique ne nie pas tous les travaux et actions sur les capacités et les pathologies de l'esprit.

 

 

 

mercredi, 25 février 2009

L'art et la manière

Pour les Anciens, l'art était assimilé à tout ce qui était "artificiel" et ils opposaient "art" et "nature". Le contraire d'artistique c'était "naturel".

Cette position avait de grandes conséquences. Pour eux, tout ce qui était créé par l'homme était de l'art : la sculpture, la construction de maison, l'art oratoire, la cuisine, l'habillement, la construction des fenêtres, le fait d'être commerçant, etc...On retrouve des traces de cette conception, lorsque l'on traverse ces belles villes d'Europe qui sont restées marquées par le moyen-âge et les débuts de l'âge classique : Prague, Brugge, Le vieux centre de Zurich, Amsterdam...On toruve également quelques traces de cette conception lorsque l'on relit le texte d'Aristote intitulé "Physique".

Les Modernes ont séparé les activités humaines : en activités nobles et celles qui ne le sont pas. Ceci s'explique notamment par l'importance prise par le travail dans nos sociétés et par bien d'autres causes.  Le résultat de cette séparation fut le "romantisme".  Il  a "enfermés les  artistes dans des tours d'ivoire, ceux-ci vivants souvent leur isolement dans la souffrance. Corrélativelment, nous avons pensé la construction de nos villes... et de nos vies ....dans le seul souci de l'efficacité, de la rentabilité, en oubliant qu'il existait aussi un "art de faire la ville", un "art de vie"....La souffrance des "bourgeois" a été le pendant de celle des artistes, l'autre face de celle-ci.

Je fais un rêve et faisons le ensemble ....Des villes qui seraient redevenues belles et agréables à vivre....Des maisons qui ne seraient plus ces maisons "efficaces" mais des maisons belles et intelligentes....Ce rêve, il est vrai, existe aujourd'hui pour quelques privilégiés....Il est vrai, en effet que les villes du Moyen-âge auxquels je pense, étaient des villes privilégiées...Car lorsqu'elles se développérent, elles furent des havres de liberté pour contrer l'influence des seigneurs féodaux. L'air de la ville rend libre avait-on coutune de soutenir. Celui qui parvenait à s'échapper de l'emprise féodale, trouvait ainsi dans la ville le moyen de développer son art en toute liberté.

Le situation que nous connaissons et dans laquelle nous vivons aujourd'hui est également le fruit de la fin de la féoadalité et la conséquence de la massification des villes. Le grand défi que les post-modernes ont ainsi à résoudre est celui de la massification des villes et des modes de vie urbains.

Les modernes ont fait en sorte de résoudre  certaines tensions en pratiquant le "social" et en laissant se développer la féodalité hors des frontières des pays dits "civilisés" mais ils ne se sont pas préservés puisque cette logique a favorisé l'émergence des différents terrorisme, de l'immigration, de toutes ces difficultés que l'on étudie aujourd'hui à travers des voiles pudiques sans avoir les réponses nécessairement adéquates.

C'est l'autre défi que les post-modernes ont également à résoudre et la situation actuelle de l'art contemporain est peut-être le produit de ces multiples tensions. Les ignorer ne résout rien mais l'art qui domine aujourd'hui le monde occidental - et qui est cet art du divertissement donc de l'oubli - a notamment pour fonction de faire oublier ces problèmes bien complexes et de nous éviter de trop y penser...Comme le fait de mettre la philosophie ....Dans une tanière...sauf lorsque le philosophe devient journaliste et alors il est (un peu) "accepté" comme tel mais pas vraiment en tant que philosophe.

 

 

 

 

 

 

23:00 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 21 février 2009

Du jugement approprié

J'ai été avocat pendant plusieurs années, avant que d'être  professeur de philosophie et il m'est parfois arrivé de rencontrer des magistrats intègres et justes. Leurs actions, mes réflexions sur le sujet m'ont souvent conduit à m'interroger sur les conditions du jugement juste. Ce sujet est sans aucun doute une des questions les plus fondamentales de la philosophie politique et juridique.

Aristote et Platon ont consacré de très belles pages sur la question. Il faudrait un jour écrire un texte sur leurs positions respectives. Pour ma part, mais il me faut certainement encore et toujours approfondir ce sujet sur lequel je suis incontestablement "limité" comme nous tous d'ailleurs, il me semble évident que le jugement juste ne peut être que celui qui est aproprié : approprié à la personne qu'il faut juger, approprié à sa situation, à l'acte qu'il faut juger.

Cela signifie qu'il faut trouver le remède juste au mal qui l'assaille....Ce n'est guère évident.....

Pour illustrer ce que je souhaite soutenir ici, je voudrais évoquer l'exemple d'une de mes camarades qui me racontait l'autre soir qu'elle avait eu des problèmes d'insomnie. Elle m'a expliqué alors qu'elle a essayé tous les traitements pour finalement trouver une réponse à son mal par la psychanalyse. Une autre m'avait parlé de problèmes identiques qu'elle avait pu résoudre par l'acuponcture, tel autre en faisant du sport.

En "creusant" un peu, les histoires personnelles des unes et des autres, on peut souvent aisément se rendre à l'évidence qu'en réalité, tel remède convient, il est approprié car il s'intègre parfaitement dans l'histoire de celui qui souffrait. Un tel, avait du mal à s'endormir parce qu'elle avait besoin de parler, son mal remontait à l'enfance  et à des difficultés de communication avec les autres. Tel autre, parce qu'il vivait de manière trop sédentaire et cela ne correspondait pas à sa situation physique.

Ce qui vaut en médecine, suivant le vieil adage, que l'on ne guérit pas la maladie mais que l'on guérit Socrate, s'applique également, j'en suis certain en matière de justice, il faut pour chaque situation, trouver la solution la plus adéquate qui fera ressortir l'injustice, le mal et le bien et sera par lui-meme le "bon remède" à la situation présente....Le jugement juste est bien le jugement approprié et c'est tout un art que de le rendre, que de le trouver.

 

 

mardi, 17 février 2009

Le roseau qui pense

J'aime à interpréter de la sorte la fameuse phrase de Pascal  : l'homme est un roseau pensant...

En effet, l'homme vit le plus souvent courbé, il vit sous  le grand vent et les grandes tempêtes de ses passions, ses ambitions contrariées, ses petits calculs, ses soumissions qui le rabaissent et font de lui un être courbé. Cependant, parfois il lui arrive de se redresser, de se tenir droit : lorsqu'il se met à penser.

Certains m'ont écrit pour me rappeler que "penser était un luxe" dans les temps que nous vivons. Si c'est si vrai, pourquoi dans ce pays du luxe qu'est la France la pensée est aussi peu considérée ? Qu'est ce qui explique que ce luxe soit peu prisé ?

D'aucuns méfiants, pourraient alors nous dire qu'en fait, on ne veut pas que les roseaux que nous sommes se mettent à penser. Mais cette logique du soupçon fait tout de même problème...L'homme qui se redresse et se met droit pour penser a toujours été une exception. Le plus souvent en effet, les hommes acceptent de vivre courbés...Pensons à cette fameuse phrase de Rousseau (désolé pour le côté un  peu "érudit" mais ce doit être le métier qui veut cela) : "l'homme est né libre mais partout il est dans les fers". Le fait qu'il soit né libre est discutable. J'ai plutôt tendance à considérer que la liberté se gagne par la pensée et le souci de soi. Mais le "fond" demeure vrai. Partout et le plus souvent, l'homme a vécu dans les fers, acceptant la soumission...Se soumettant et se courbant, se pliant à la loi du plus fort ou du plus faible plus précisément car la véritable force n'est pas dans la violence de celui qui opprime avec haine et cynisme....Elle est précisément dans le fait de parvenir à se redresser de temps à autre, malgré les tempêtes et les pressions de tous bords. 

 

jeudi, 12 février 2009

La crise de l'intelligence.

 

On nous parle de crise....

Pourtant, notre pays a une richesse inouie : il est en paix avec ses voisins. Il a une terre riche qui lui permet de manger à sa faim. Ses enfants sont éduqués et le nombre de jeunes susceptibles de les éduquer ne manquent pas. Il dispose de grandes villes et d'une aura internationale...Ou est la crise ?

Elle se situerait dans les licenciements actuels et dans le fait que les entreprises gagnent moins d'argent qu'autrefois. Le bon sens voudrait dès lors que nous nous entendions tous et que nous fassions en sorte de répondre collectivement à ce défi qui nous est fait, à trouver les causes de ce déclin et à la perte de valeur de notre économie....Nous avons les moyens de le faire....Il faudrait qu'ensemble nous déterminions un meilleur partage des richesses, de l'éducation et que nous puissions ainsi trouver des moyens de développer notre économie, notre savoir....

Le problème est que lorsque l'on réunit les hommes, les passions se déchaînent. Les avidités de ceux qui ont besoin de pouvoir pour exister se font jour, les maffias se constituent et l'intelligence est étouffée, le bon sens réduit à néant et c'est la force, la peur, l'intérêt qui dominent.

Nous oublions alors les leçons de l'histoire....Athènes s'est mise à décliner lorsqu'elle a condamné le meilleur des siens : Socrate. En le tuant, elle a tué l'intelligence, le souci de soi et de l'autre et ce faisant, elle a fait en sorte de se détruire elle-même. Cet amour avide du pouvoir qui anime certains êtres est en soi porteur de mort. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que les pouvoirs violents finissent dans la violence car ils sont la violence même. Ils tiennent par la peur et la haine et un jour c'est la peur et la haine qui les renverse. En attendant, ils ont fait beaucoup de mal et il est souvent bien difficile de pouvoir les contrer. Alors que  faire ? Comment vaincre cette force et ce mal du pouvoir ?

Qui pourrait le dire ? L'histoire de la philosophie est malheureusement là pour nous apprendre l'humilité de toute solution simple ou simpliste en ce domaine....Mais rien n'interdit d'y penser à nouveau pourtant....

On ne sait jamais.


 


 


 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu