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jeudi, 26 mars 2009

LE ROYAUME DE L OMBRE

Les philosophes discutent souvent de la question de savoir s'il faut considérer que la politique et l'éthique se mêlent. D'aucuns se demandent ainsi si l'on peut faire en sorte de faire moralement de la politique et d'autres au contraire estiment qu'il est impossible d'assigner d'autres  tâches  à la politique que d'être au service de la morale et d'être morale.

Un auteur comme Sieyès, qui mérite d'être revisité, a proposé une piste intéressante pour nous permettre de trancher le débat en optant pour ce j'appellerais" la pensée et l'action morale de l'ombre", le choix du Royaume de l'ombre.

Le royaume des ombres  auquel je pense n'est pas qu'un pays de chimères. Il est celui de la tranquilité et de la solitude non celui de l'ombre qui se dissimule, de l'ombre honteuse, de l'ombre du mal.

ll est royaume qui oeuvre dans l'ombre à se retrouver. Or celui-ci permet souvent à ceux qui le veulent d'oeuvrer pour la morale politique sans tomber dans les excés du moralisme politique et de la vertu en tout genre.

La politique morale de l'ombre permet de mettre en jeu des influences; elle permet de contrer les lobbies qui oeuvrent à mauvais escient - contre le bien - pour détruire un pays et provoquer les cercles vicieux qui conduisent à la déchéance.

La France s'est d'ailleurs souvent re-construite en oeuvrant dans l'ombre. La résistance fut une zone d'ombre, propre à répondre à a blancheur des multiples corps suppliciés de la barbarie nazie et la noirceur de ceux qui gouvernaient alors.  La résistance fut une zone grise où les héros étaient cachés sans être suppliciés, martyrisés, blanchis par leurs immondes bourreaux. La période qui suivit la Révolution Française fut également une période de ce type incarnée par Sieyès, Benjamin Constant, le groupe de Mme de Stael installé à Coppet,  près de Lausanne en Suisse.

Lorsque la  tyrannie et le despotisme gouvernent - qu'ils soient despotisme du commun ou despotisme d'un seul - . Il  permet d'éviter la folie meurtrière de ceux qui prônent le retour total à la blancheur impossible (sauf lorsqu'il  transforme les hommes en martyrs ou en  suppliciés ) et le moralisme à tous crins qui fait de nous des coupables en puissance - car l'homme n'est pas un être totalement pur sauf lorsqu'il devient martyr mais telle n'est pas la destinée de l'homme - alors le choix du royaume de l'ombre permet la résistance et la re-construction progressive des bases nécessaires qui permettent à un peuple de retrouver ce qu'il ne doit jamais perdre : sa dignité et sa liberté....

 

 

samedi, 14 mars 2009

La technique vide

Ces dernières années se sont surtout développées des idées de communication. On peut dire que les grands hommes de la période qui vient de s'écouler sont Bill Gates, le fondateur de Google, celui de Facebook, ceux qui ont crée internet....Mais en fait finalement nous sommes passé d'une logique du fond a une logique de la forme. Lorsque j'étais plus jeune, l'art technique se développait et cet art n'était qu'un art d'aliénation. Mais à présent, cest pire que tout car la technique se reproduit elle-même...Elle ne produit que de la technique. Il est vrai cependant que ces instruments sont également en train de révolutionner considérablement nos pratiques et nos modes de vie. En effet, nous pouvons quelque part communiquer plus rapidement mais en même temps, elles provoqnent par certains côtés également une forme d'isolement et surtout puisqu'il s'agit en fait de logique de "communication", il ne s'agit que de se montrer mais et ce même l'on a pas grand chose à dire ou à montrer. D'ailleurs la pauvreté, l'indigence des discours que l'on peut lire sur ce net est affligeante. Il est logique qu'il n'y ait plus rien à dire puisqu'en fait, on ne veut plus rien dire. Nous sommes arrivés en quelque sorte à un point de radicalisation de la radicalisation déjà opérée par le positivisme. Le positivisme qui était dominant il y a trente ans voulait faire en sorte de gommer les différences, de ne traiter les questions que sous l'angle de la technique. Cependant, cette doctrine avait encore un sens. Elle voulait lutter contre les idéologies extrêmes. Mais aujourd'hui, la question n'est plus d'occulter les problèmes puisque plus personne ne veut les voir, ni ne les voit...Puisque la pensée n'est plus....Elle s'est dissoute dans la revendication, dans la forme, dans le formalisme, dans l'apparence.

jeudi, 12 mars 2009

De l'intercommunautaire en déshérence.

Que faut-il aujourd'hui penser des relations inter-communautaires ?

Il semble que les haines se développent et s'accumulent, que les écarts se creusent suivant ainsi les écarts et les inégalités culturelles et économiques qui ne cessent de s'aggraver.

Tout ceci est le produit d'une pensée "identitaire" qui pense l'individu en relation avec un groupe ou une "identité", c'est à dire qui le pense en fonction d'une égalité. En d'autres termes, ces êtres pensent qu'ils ne sont eux-mêmes qu'en étant identiques à d'autres dans la haine de celui qui ne leur ressemble pas ou en ressemblant aux autres en pensant comme eux. Ils pensent qu'il leur suffit d'exister en hurlant à la mort de l'autre, à sa disparition. Mais on n'existe pas en massacrant l'autre.

Ceux-ci oublient qu'être soi c'est assumer sa singularité et que le lien à un groupe "ethnique" est soit purement politique soit purement "biologique". S'il est politique, ils devraient se demander s'il est de bonne politique de mépriser ainsi son voisin et de le réduire soit à la misère soit de le contraindre à vivre dans la violence, s'il est biologique, ils ne doivent pas oublier que les hommes appartiennent tous à une même espèce qu'ils le veuillent ou non et que la nature les pousse à préserver, embellir celle-ci en ce qu' l'humanité est gardienne (mais non dirigeante despotique) des autres espèces et de ce tout qu'est la nature.

 

 

 

lundi, 02 mars 2009

La culture des canards sans tête

Descartes pensait que la vérité n'était accessible qu'à un petit nombre. Il estimait, en effet, que celle-ci supposait non pas une érudition mais un "jugement solide"....Qu'est que le jugement solide pour lui ? Le jugement qui ne suppose aucune remise en doute sérieuse, qui peut se légitimer et se prouver ( il a même démontré l'existence de Dieu) et qui peut donc s'objectiver.

Notre enseignement philosophique s'est construit autour de ce projet. Il avait pour objectif de permettre aux jeunes adolescents - non plus d'apprendre par coeur - mais bien de faire en sorte de permettre aux futurs adultes de se faire un jugement sur le monde qui les environnait, en sortant des préjugés et ce pour permettre la construction d'une société pluraliste, ouverte et démocratique.

Qu'en est-il aujourd'hui ? L'enseignement de la philosophie en classes terminales remplit-il encore son office ? Certains prônent son remplacement et ils proposent de repousser l'enseignement de la philosophie dans le supérieur. Réflexion faite, je pense qu'il faudrait que les deux positions soient soutenues. Il importe, en effet, que la philosophie reste encore présente dans les sections terminales mais il est de plus en plus nécessaire qu'elle pénètre le monde du droit.

Le problème est que d'aucuns lorsqu'ils entendent le mot "penser", "culture"ont encore tendance à sortir leur révolver...Un groupe d'étudiants sur Facebook a récemment créé une base dont l'objectif est d'éviter l'enseignement de la théorie du droit à l'université. A quoi bon se demander ce que signifie le droit, implorent-ils ...

Nous en sommes là...Certains préférent employer des mots dont ils ne saisissent pas même le sens. Seul compte pour eux, l'envie de "faire du droit", de "dire le droit", d'imposer le droit....D'être des juristes, des magistrats, des avocats.. Que leur importe de se demander ce que ce qu'ils veulent faire vivre signifient. Ils ressemblent un peu à ces "cabris" dont De Gaulle parlait et qui invoquent l'Europe, l'Europe sans même savoir quoi mettre derrière ce mot. Il suffit qu'ils avancent comme ces canards ou ces poulets dont on a coupé la tête et qui avancent alors qu'ils sont déjà morts.

 

 

 

 

 

dimanche, 01 mars 2009

De l'hospitalité

Lu dans un quotidien du soir : Depuis la fermeture de Sangatte, de plus en plus de mineurs étrangers isolés errent dans les rues de Paris.

En effet, je vois de plus en plus dans notre capitale de plus en plus de jeunes à l'abandon, les yeux hagards, implorant un soutien, une aide...Pour celui qui travaille avec des adolescents tous les jours, ce regard est familier. Il ressemble à celui de nombre de nos jeunes qui implorent parfois une aide, un soutien. Le regard de ces jeunes exilés est encore plus poignant car leur peur est plus violente, leur crainte plus affirmée et plus lourde. Il est de notre devoir de les aider et de les accueillir, me paraît-il, comme il me semble de notre devoir de faire en sorte de permettre à nos jeunes de mieux préparer leur avenir en construisant une école humaine et ouverte sur leurs difficultés. Certes enseigner est un métier souvent ingrat, souvent douloureux et rarement reconnu...Pourtant, c'est la richesse de notre pays que de faire ce qui convient pour éduquer, aider les jeunes à trouver leur voie, à s'orienter pour devenir demain des adultes responsables et soucieux d'eux-mêmes et de leurs semblables. Un ancien premier ministre, pour lequel j'avais une vraie admiration, avait autrefois dit que nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde....Je ne sais cependant si toute la misère du monde a vraiment envie de venir sur Paris. Pour ceux qui viennent, il me semble impératif d'avoir un devoir d'hospitalité plus que de tolérance ou d'accueil. Etre hospitalier c'est aussi avoir précisément "soin" de la souffrance de l'autre, de son regard, de son visage comme Lévinas nous l'a si bien rappelé. L'hospitalité ne doit pas seulement se cantonner aux limites de l'hopital. Il me semble que l'hopital devrait être présent dans tous les lieux humains....Cette séparation que nous avons créée entre l'hopital et les lieux non hospitaliers est d'ailleurs une de ces autres spécifictés modernes sur lesqelles nous pourrions aussi sans doute - nous Français et qui devont être fiers d'être une exception - peut-être méditer à nouveau....et si nous construisons aussi des villes, des entreprises, des écoles et des universités hospitalières ? Pourquoi ne pas engager un chantier sur ce thème et pourquoi ensemble ne pas penser ces questions ?




 

 
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