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mardi, 28 avril 2009

La peur de la vie

On discute en philosophie sur la question de savoir ce qui prime de l'esprit ou du corps. Cette discussion a notamment pour objectif de déterminer si la meilleure option est celle qui touche le matériel (pour dire vite) ou celle qui touche l'esprit. Il est bien difficile de trancher un tel sujet qui relève des options philosophiques profondes des individus. Un élément me paraît cependant important à relever dans notre relation à la souffrance. Je pense que nous vivons une époque où la plupart d'entre nous avons peur de la vie. J'entends ici par "peur" de la vie, un refus (inconscient le plus souvent ce qui est d'autant plus grave) de vivre notre vie, celle que nous devons vivre, celle qui nous rendrait heureux dans sa singularité. Ceci s'explique par un ensemble social, difficile à déterminer qui tend à uniformiser les situations...Le philosophe français  Michel Foucault, avait bien analysé cet ensemble diffus de pouvoir, cette société que nous constituons. Nous fabriquons nous-même cette société de l'uniforme et de l'uniformisation car nous avons  terriblement peur de l'autre, de son plaisir, de sa singularité, de sa différence. Nous ne voulons pas l'admettre en tant que tel et une grande partie des dispositifs pédagogiques, professionnels, coutumiers, tournent autour de cette peur que nous infligeons à autrui et que nous nous infligeons ainsi à nous-mêmes. Un des facteurs les plus prégnants de cette tendance uniformisante se retrouve dans la tendance contemporaine à la comparaison. Lorsque les médias veulent comprendre un probléme, se demander comment le résoudre, par exemple "comment résoudre la crise de nos banlieues" ou "régler nos problémes d'éducation", ils convoquent un spécialiste pour lui demander "et ailleurs comment le probléme est-il réglé ?" . De même souvent nos dirigeants nous demandent de faire tel ou tel effort parce qu'ailleurs dans tel pays, ce n'est pas "pareil" et qu'il faut faire comme eux. La tendance à la comparaison est bien la marque de cette manière de refus de penser qui nous caractérise et qui nous pousse à tous nous ressembler. Ne confondons pas les verbes "ressembler" et "rassembler". Bien au contraire, je suis persuadé que nous vivrons plus heureux lorsque nous trouverons les moyens de permettre à chacun d'exprimer sa singularité, de la faire "advenir" sans que pour autant l'expression de ces singularités ne nuise au tout. Pour y parvenir, il serait nécessaire de nous interroger sur cette peur de la vie qui nous massacre chaque jour à petit feu...

 

21:11 Publié dans Bonheur | Lien permanent | Commentaires (14)

jeudi, 23 avril 2009

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J'ai le sentiment que face à la crise que nous traversons, les sphèrs sociales se referment de plus en plus les unes sur les autres. Ces sphères sont le produit d'une évolution de nos sociétés que Tocqueville a bien analysé. Cette évolution  se caractérise par ce qu'il appelait la montée de l'égalité et plus particuliérement le déclin des privilèges. Il ne s'agit pas ici de dire que nos sociétés sont justes et qu'il n y a pas de disparités sociales et économiques. Il s'agit de dire que chacun désormais se considére comme étant de plus en plus l'égal de son semblable, ne supportant guère les discriminations, les différences.

Plus les individus s'estiment égaux aux autres et plus ils veulent bénéficier de pouvoirs accrus. En conséquence, ils élaborent des sphéres où ils sont reconnus et de plus, ils n'admettent pas la "supériorité" ou le privilége de l'autre. Le privilégié devient même détesté, marqué, rejeté...La coupure de nos sociétés est un des produits de ce sentiment. Chacun rejette l'autre le tenant pour un privilégié et en même temps  les véritables privilégiés se dissimulent, se cachent de crainte d'être détestés et alors les écarts se creusent et les espaces s'étendent...La société se délie progresivement, les liens se distendent et les différentes formes de violence s'installent : incivilité, arrogance, mépris de l'autre, non respect par les responsables des engagements qu'ils ont pu prendre à l'égard de leurs concitoyens pour se faire élire...La peur et l'inquiétude deviennent le lot commun, les sphéres se contractent et la société finit par ne plus être qu'un amas sans unité, ni harmonie...

C'est dans ces moments où tout et tous se referment qu'il faudrait au contraire ouvrir, ouvrir à l'autre et à ce qui n'est pas soi pour se retrouver précisément...mais cette ouverture ne doit pas être feinte ni stratégique, elle doit être courageuse et s'opérer en acceptant l'échange réel, c'est à dire l'écoute mutuelle et le souci conjoint de soi et de l'autre qui sont impossibles sans un minimum d'éducation, celle de l'honnête homme qui sai t écouter et comprendre son semblable ce meme s'il est différent de lui. L'éducation n'est pas l'instruction, elle relève plus dirions nous de la civilisation, de la civilité, de l'humain dans ce qu'il peut avoir de liant et de plus social.

 

 

 

 

jeudi, 09 avril 2009

La crise de la vérité

Certains économistes soutiennent que le plan Paulson adopté aux Etats Unis ne serait qu'une gigantesque erreur. Ils rappellent qu'il aurait été beaucoup plus judicieux d'organiser la faillite des grands établissements bancaires en difficulté afin de permettre le remboursement des épargnants ayant leurs placement en banque  et la constitution de nouveaux établissements plus sains et dirigés par des personnes plus compétentes et éthiquement en meilleure posture que ceux qui nous auraient mis dans la situation actuelle.

Ils nous indiquent que le plan actuel d'injection en quantité gigantesque de milliards de dollars dans les établissements financiers, les grandes entreprises serait un jeu dangereux à double effet  : il continuerait de permettre aux dirigeants de ces établissements  (et leurs clidents liés à ces situations) de vivre dans le luxe effrené qui fut la cause de la crise actuelle.

Dans le meme temps, en endettant les Etats, il créerait ainsi des obligations à bon rendement et sans risque à ceux même qui auraient provoqué la crise puisqu'ils "gagneraient" des deux côtés : d'une part en prêtant cher à l'Etat et aux Etats ( et en touchant de forts intérêts au passage) et d'autre part, par surcroit en voyant survivre les établissements qu'ils dirigent et qui continueraient de leur assurer de belles rentes de situation imméritées....

S'ils disent vrai nous serions bien ici aujourd'hui en train d'assister au plus gigantesque hold up jamais organisé sur le dos des générations futures, sur le dos des citoyens modestes et des classes moyennes du monde entier...Nous serions en train de faire le contraire de ce que l'éthique la plus élémentaire exigerait.

Si cela était vrai, nous comprendrions alors la mise en évidence des "scandales" Madoff et autres Goldman Sachs, vécus comme "boucs émissaires" destinés à dissimuler de plus amples et plus gigantesques tartufferies...

Si cela était vrai nous comprendrions alors l'intérêt curieux porté à un humoriste de piètre qualité, devenu bouc émissaire désigné des médias et de la justice pour des propos sans intérêt mais qui mettraient en évidence ce qu'il prétend être une vérité (à savoir un énorme lobby ayant d'amples pouvoirs et capables de l'ennuyer lui pauvre humoriste), si cela était vrai nous comprendrions aussi les faussses informations deversées sur la fausse attaque du World trade centers selon certains journalistes farfelus, etc....

Il n'y aurait ici que de gigantesques arbres, dissimulant les forêts bien nauséabondes et  en réalité, le problème serait ailleurs, dans la constitution effrenée d'un gigantesque rapt d'une économie en totale déshérence.

Mais qu'en est-il ? Tout ceci est-il le produit d'un véritable hold up financier ou plutôt n'est ce pas la marque de l'insuffisance de nos savoirs sur ces sujets ?

Démuni face à ces mécanismes multiples et techniques, le citoyen n'ayant qu'une parcelle de savoir ne peut relier tous ces faits entre eux. Il ne peut démêler par lui-meme le vrai du faux. Il est donc conduit pour le moment seulement à écouter de ci de là, les avis "autorisés" des uns et des autres... Les vrais ressorts de tout cela ne nous semblent pas émerger. La cause en est certainement un "déclin" de notre pensée et de notre recherche en éthique et en économie politique. Ce déclin est le fruit d'une perte de l'universel, une division des savoirs.

Benjamin Constant, en effet, déjà en son temps l'avait noté : la division du savoir intellectuel est le début de toutes les ruines.

Seul un groupe de techniciens indépendants, de chercheurs avertis ( philosophes, juristes, économistes, politiques, personnels des médias) pourrait nous confirmer l'existence de la réalité sur cette crise et celle-ci est nécessairement plus grise que l'on veut bien nous l'indiquer. Il est donc nécessaire que l'Université au vrai sens du terme retrouve sa nature, celle du savoir "univers-(itaire)- donc universel qui croise les compétences pour faire émerger le vrai...La crise actuelle est donc avant tout une crise du diagnostique et donc du savoir.

Dès lors nous comprenons les raisons pour lesquelles, la crise éco-sociale actuelle se "double" dans notre pays d'une "crise" universitaire. Les deux crises sont étroitement liées entre elles. Elles sont le produit d'une crise de la vérité.

 

 

 

 

 

09:45 Publié dans JUSTICE | Lien permanent | Commentaires (1)

 
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