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jeudi, 28 mai 2009

La gratuité

L'homme est-il capable de gratuité ?

Telle est la question que me pose mon commentateur "officiel" antimythe.

Cher antimythe,

Votre plaisir à vous opposer permet souvent d'approfondir les analyses.

Lorsque j'évoque la nécessité du repos, j'évoque un moment de pure gratuité précisément mais ici non plus pour les autres mais pour soi. En effet, le travail se caractérise par le fait que l'on se consacre essentiellement aux autres soit pour soi dans sa relation aux autres (on approfondit une amitié, un amour, une compétence professionnelle, nos revenus, notre sécurité matérielle et intellectuelle, etc....).

Le repos est effectivement un pur moment de gratuité pendant lequel nous ne vivons que pour nous-mêmes dans la plus totale des libertés.

Vous avez raison, nous ne sommes plus capables de cette gratuité pour nous-mêmes, opprimés, aliénés que nous sommes par la doxa, la voie de la majorité qui s'impose à nous avec son arrogante manière de toujours vouloir avoir raison puisqu'elle compare, a des preuves, etc....Le vrai savoir pour soi n'a pas besoin de preuves, ni de comparaisons, il sait...Donc il est bien difficile de vivre ces moments de pure liberté pour soi et pourtant c'est bien cela le vrai repos et non pas ce que les autres essaient de nous vendre et notre esprit est tellement pollué par toutes les pressions de toutes sortes que nous sommes effectivement devenus incapables de cette gratuité pour nous-mêmes que nous refusons de nosu offrir nous aliénant chaque jour davantage....

 

 

 

dimanche, 24 mai 2009

Des différents sens du mot travail

Nous n'avons sans doute pas consacré suffisamment de réflexions à ce que pouvait signifier le travail. Nous l'avons associé à "salaire" ou "rémunération" et entendu ce mot dans le seul sens financier. Certes H. Arendt a proposé de distinguer trois sens du mot et a proposé de rappeler qu'il fallait entendre par travail, l'oeuvre (non rémunérée et pour les autres), le travail proprement dit et l'action destinée à autrui...Il faudrait plutôt selon moi dire que le travail est toujours associé à un labeur, une peine. Qui dit travail dit effort ou peine...Mais également dit loisir et récompense nécessaire à partir de cet effort.

Or l'homme a besoin de nombreux facteurs pour être heureux, pour se contenter : il doit être en bonne santé physique et mentale, il doit prendre "soin de son âme", il doit vivre en bonne harmonie dans son couple, sa famille au sens élargie du terme ou restreint, ses amis, ses voisins, ses compagnons de travail, il a besoin de beauté, de calme, de sérénité, de confort, de réconfort, de compréhension, de connaissance et de reconnaissance, il a besoin de repères.

Nous devrions ainsi pouvoir consacrer une partie de notre vie à ces différents travaux puis ensuite nous devrions avoir un temps exclusivement destiné au repos, un sabbat, un vrai moment de détente, sans peine, un pur moment de liberté-pour-nous.

Ce moment de repos absolu est un luxe merveilleux mais il ne va pas sans un travail bien fait par ailleurs. Car nul ne peut profiter de son repos s'il sait qu'il a mal fait ce qu'il avait à faire ou plus exactement s'il n'a pas été juste en chaque moment de son existence travaillée.

En conséquence, nous devrions pouvoir avoir moins de temps de travail salarié ou payé, mais ensuite pouvoir travailler à d'autres choses : notre esprit, notre corps, nos amitiés, nos relations, notre maison, notre famille, notre "âme", etc....et ainsi nos semaines devraient pouvoir être consacrées à chacun de ces travaux....

Pour cela, il faudrait que les travaux rémunérés soient mieux payés et que nous puissions travailler mieux pour gagner mieux et cesser cette folie du travail en plus, du travailler plus....Ou alors il faudrait préciser ce que l'on entend par "travailler"....Certes nous devons faire tous les travaux qui s'imposent à un homme privé et public mais ensuite, il nous faut pouvoir avoir un temps exclusivement pour nous, un vrai temps de  repos. Un bon cuisinier le sait. Une bonne pâte ne peut se préparer sans avoir été au repos un certain temps....Nous ne prenons malheureusement pas tout à fait le chemin de cette évolution...Le travail "rémunéré" en espèces sonnantes et trébuchantes devient une aliénation pour certains obligés de régler de nombreuses charges, d'"assurer-socialement", ceux-ci prennent tous les salaires et les confisquent ainsi aux autres qui se retrouvent sans possibilité de travailler à tous les sens du mot...La misère s'étend alors : celle des aliénés du travail et celle des aliénés du chômage...Et pendant ce temps on nous parle de crise financière et bancaire car ceux "qui travaillent-beaucoup-" vivent de plus en plus dans la peur du monde qu'ils fabriquent chaque jour et nous imposent ainsi le rythme effréné de leurs courses et de leurs peurs....En sortirons nous un jour ?

 

 

 

vendredi, 15 mai 2009

Justice et excés

La justice est certainement une voie du milieu. S'interrogeant sur cette question de savoir si le juste doit subir l'injustice plutôt que de répondre, Aristote répond - contrairement à Socrate - qu'il n'en est rien. L'injustice, pour Aristote, c'est aussi pour celui qui ne le mérite pas d'accepter de subir les injustices.

En conséquence, il me semble que la justice est ce moment d'exception si difficile à trouver et qui consiste ni à subir l'injustice ni à la faire subir à autrui. Lorsque l'on se trouve face à un malfrat qui nous impose de nous comporter comme lui, il est donc injuste de supporter mais il l'est tout autant de réagir comme il le souhaite.

Etre juste, dans ces moments, selon moi, consiste donc, peut-être à tout faire pour ne pas supporter l'injustice qu'il nous impose sans pour autant tomber dans la bassesse qu'il nous demande de suivre et de devenir aussi bas que lui.

C'est un excercice bien difficile, d'exception. L'exception est d'autant plus difficile à trouver qu'en plus, il ne faut pas non plus être juste à l'excés en ce domaine.

 

jeudi, 14 mai 2009

Un peuple sans intelligence va à sa perte


Un peuple sans intelligence va à sa perte. Osée.4-14

On se demande souvent à quoi servent l'école et la recherche.

D'aucuns soutiennent qu'elles servent à transmettre le savoir. D'autres qu'elles doivent se mettre au service des entreprises. D'autres qu'elles doivent former des citoyens.

L'école et la recherche doivent, selon moi , avoir pour seules fonctions de développer l'intelligence qui est double : celle du coeur et celle de l'esprit. Nous devrions tous faire en sorte d'évaluer nos étudiants, nos élèves en fonction de ces seules qualités là et aider, promouvoir ceux qui seraient en mesure de les faire progresser.

Mais nous nous sommes égarés dans un positivisme et un utilitarisme étroit. L'école doit former de "futurs" salariés et/ou de futurs citoyens...Nous dit-on....Elle doit d'abord oeuvrer à faire progresser l'intelligence dans ce double aspect car, Osée nous avait bien prévenu, en effet, tout peuple sans intelligence va à sa perte. L'histoire confirme tristement les prédictions de ce dernier.

 

 

17:16 Publié dans EDUCATION | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 06 mai 2009

Langage ouvrant et cité


Par le forfait d’un violent s’élèvent les disputes, mais un homme intelligent les éteint. Les proverbes 28-2

Pour les Anciens, particulièrement les grecs et Aristote mais non  pas seulement comme en témoigne l'exergue ci-dessus, le langage était l'élément premier permettant la vie de la cité. Le langage était "logos" ce qui signifie également "pensée"oeuvrant pour le vrai lui-même ouvert.

En d'autres termes, la cité était impossible sans un langage ouvrant, un langage de vérité.

En effet, ils savaient que tous ceux qui tenaient des langages de haine, de désignation de l'autre comme cause de tous les problémes, de stigmatisation, étaient en fait des fauteurs de troubles, des manipulateurs, des personnes oeuvrant non à la vie de la cité mais à la mort de celle-ci, c'est à dire qu'ils étaient le plus souvent à l'origine de guerres civiles. Or pour eux, la guerre civile était la plaie mortelle de toutes les cités et ils n'avaient pas tort. Ce qui est récemment arrivé en Europe centrale le démontre tristement.

Nous avons pourtant oublié ce langage et ces vérités.

Aujourd'hui, le discours politique se veut rarement "ouvrant", pensant et tourné vers le vrai, vers le souci du lien. Il est fréquemment partisan, axé vers la recherche du pouvoir.

Il divise et dans le pire des cas,il est axé autour d'un ennemi que l'on accuse de tous les maux. On est "anti" quelque chose et cela suffit à nous positionner.

Je dénonce depuis bien longtemps ce niveau zéro de faire de la politique et qui, héritière d'un Carl Schmitt et d'un  Donoso Cortés pense que la politique est le lieu de la désignation de l'ennemi.

Elle aboutit ainsi à ces discours excluants, fermés,  qui, à terme  conduisent  et provoquent des guerres civiles puisqu'ils ont tendance à réduire la cité, le vrai et ainsi à terme à provoquer des sentiments d'injustice qui se taisent et qui se transforment en haines qui deviennent de plus en plus violentes...

Le refus du langage fermé et la recherche de la pensée pulbique ouvrante devraient être un des coeurs de la pensée politique contemporaine. Au lieu de cela, celle-ci s'est enfermée dans un positivisme étroit qui consiste à ne raisonner qu'en termes de stratégie. Le langage n'ouvre plus, il sert...Mais jusqu'à quand et qui telles sont les autres questions qu'il conviendrait également de se poser ?

 

 

 

 
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