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lundi, 15 juin 2009

Travail, bonheur et école

Epicure et les stoiciens faisaient du bonheur une oeuvre personnelle, un lent et patient travail sur soi, sur ses désirs pour le premier, sur ses souffrances pour les seconds.

Travailler à hiérarchiser ses désirs et pour ce faire éloigner ses soucis et ses craintes afin d'y voir plus clair en soi et ne retenir que ce qui est nécessaire et naturel pour Epicure. Travailler à se dire que les souffrances ne sont que des idées, qu'elles peuvent être écartées par une longue et patiente oeuvre de la raison, par des exercices d'endurcissement, pour les stoiciens.

Le bonheur serait ainsi affaire de travail.  Pour les les Hébreux et l'auteur du Quohelet , le bonheur équivaut  à la sagesse  et aux plaisirs simples et fidèles (une femme fidèle et sage, un bon repas). D'ou vient la sagesse dans la Bible ? De Dieu mais pas seulement, d'un long travail et patient travail...

Athènes et Jérusalem se réunissent donc une fois de plus pour nous rappeler que le bonheur implique un travail de recherche, un travail sur soi qui n'est pas travail d'érudition mais travail à devenir sage...Pourquoi n'enseignons-nous pas plus à nos élèves et à nos étudiant l'art de devenir heureux, l'art du bonheur, l'art de la concentration et de la méditation ? Qu'est ce qui a fait que notre école soit devenue si positiviste ?

D'aucuns pourraient répondre qu'elle sert essentiellement à sélectionner les individus mais si tel est le cas quel est le but de cette selection ? Devons-nous donner le pouvoir à des hommes qui ignorent comment devenir heureux ? Si c'est le cas, la politique et l'administration acceptent de nous dire qu'elles nous gouvernent pour d'autres buts...Mais pourquoi donc ? Pourquoi marchons- nous ainsi sur la tête et ne faisons nous pas de la "science" de la vertu et du bonheur la première de toutes ?

Tartuffe ici nous donne la réponse. S'il y avait des professeurs d'éthique et de bonheur attitrés par l'Etat, les leçons tourneraient vite au cauchemard et les Tartuffe gouverneraient le monde. C'est pour les éviter que nous sommes devenus positivistes, c'est à dire que nous avons transformé l'école en lieu d'acquisitions de procédure et de sélection "neutre"...Tout ceci résulte d' un choix qu'il faudrait peut-être réinterroger pour nous demander si nous avons bien fait, au nom de l'hypocrisie, d'écarter les réflexions méditatives de nos établissements scolaires. Il est clair ici que si de tels enseignements étaient proposés, l'on se gausserait du ministre qui les propose. Pourtant, pourtant même si la méditation ne résoud pas tous les problèmes une école digne de ce nom pourrait-elle faire l'impasse sur cette forme d'enseignement ? Mais se pose alors une autre question : quid des adultes ? Quid d'une école et d'un espace de formation qui n'aiderait pas également les adultes que nous sommes à nous reprendre doucement en mains sans violence et sans heurt ?

 

 

 

 

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