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mardi, 23 juin 2009

Le poids de l'histoire

En politique , nous ne raisonnons pas en faisant en sorte de trouver des solutions aux problémes qui nous concernent...Nous agissons souvent en pensant aux conséquences que peuvent avoir - sur l'histoire - les décisions que nous prenons ...

D'aucuns veulent faire la révolution ( pour entrer dans l'histoire), d'autres veulent faire des coups d'éclat, des grandes cérémonies, d'autres veulent laisser un nom par le truchement d'un monument...Que d'erreurs selon moi. Les peuples qui entrent dans l'histoire ne sont pas ceux qui font des choses aussi mesquines. Selon moi les peuples qui entrent dans l'histoire sont ceux qui font rêver les générations qui suivent. Bien évidemment, les peuples violents attirent les individus à l'esprit malsain mais les grands esprits apprécient les civilisations développées, heureuses. Il y a un texte de Rousseau qui rappelle notre attitude malsaine à l'égard de l'histoire, cette tendance à ne retenir que ce qui fait mal. Cette histoire est une histoire malsaine. La véritable historie est celle qui fait rêver les peuples et leur donne envie, leur donne un modèle de peuples ayant vécu droitement. Quoi qu'il en soit, la perversion est par surcroit que l'on ne fait pas, selon moi de la politique, pour entrer dans l'histoire mais pour faire en sorte que notre présent soit des plus heureux en tous les sens du terme.

En agissant ainsi, nous faisons en sorte de faire de la véritable exception, celle qui crée du bonheur et du droit et donnent de la grandeur à la cité à laquelle nous appartenons. Car la véritable grandeur est celle qui voit le monde amplement, avec justice et équité.


jeudi, 18 juin 2009

Que gagne t on à échanger ?

Telle était la question posée (entre autres) aux futurs bacheliers cette année en France.

L'échange a été vu sous plusieurs angles : économique, dialogue.

J'ai parcouru une copie d'un de mes anciens élèves qui rédigeait et qui avait bien montré que l'on peut tout gagner comme tout perdre à un échange... Mais il s'est contenté de rester à ce constat judicieux. Ce n'est déjà pas si mal.

Je leur avais pourtant parlé de ce moment limite, de cet instant basculant où tout peut changer, où tout peut passer du tout ou rien, à ce moment de corruption où le dialogue s'épuise dans un monologue et où l'échange cesse d'être "gagnant", ce moment où l'échange sexuel se corrompt lorsqu'il devient violent, brutal ou "contre-nature" (au sens de l'inceste essentiellement car je me basais ici sur les travaux judicieux et bien connus des professeurs de philosophie de Levi-Strauss sur la question) et où il n'est plus que perte....

Ce sujet questionnait de jeunes adolescents sur le moment limite mais rares seront évidemment les copies qui sauront en parler car, la plupart du temps, dans la majeure partie des lycées de France et de Navarre, voire en d'autres lieux, des jeunes viennent en philosophie sans trop savoir pourquoi ils viennent en classe, de manière obligée et préférant ne pas écouter ce qui leur est dit plutôt que de s'investir...Mais après tout, peut-on leur en vouloir ?

Les adultes ne sont pas  moins à blamer (si blame il peut y avoir en l'occurence) et déjà en son temps Sénèque s'offusquait de ce si grand nombre de personnes au spectacle, dans les arènes afin de voir des gladiateurs s'entre-tuer et si peu de monde assis  sur les bancs de la sagesse, de l'apprentissage de celle-ci...L'amour de la sagesse a toujours eu mauvaise presse, ce notamment parce qu'elle ne remplit pas immédiatement son office et parce que le sage parfait n'est pas de ce monde, nous enseigne-t-on (Sénèque le premier) à l'envie...Difficile en effet de rester sage face à un fou comme Néron, difficile de rester de marbre face à un Nazi criminel....

Mais philosopher n'est pas nécessairement rester de marbre...Les stoiciens l'ont soutenu mais l'homme n'est pas fait de marbre ce même si parfois les statues de marbre qui sont dans le jardin des Tuileries par exemple ( je parle des plus belles d'entre elles) me font parfois l'effet d'une touchante vérité....

La philosophie est plurielle et pour moi, elle doit conduire à l'exception continuelle...

Salomon, sage parmi les sages, n'a pas rendu le jugement si douloureux qu'il devait rendre et que la Bible nous a rendu en respectant une loi quelconque. Il a rendu la décision la plus simple qui soit, sans aucun dogmatisme...La philosophie en effet ne doit pas être dogmatique mais le dire c'est déjà l'être...Alors disons peut-être qu'elle doit parfois l'être (notamment lorsqu'il s'agit de ne pas l'être) et le plus souvent ne l'être pas mais bien partir du problème, de la source du mal pour aller vers la source du bien...Mais ces sources sont dissimulées, fébriles, dissimulées. Ce ne sont point des grandes rivières d'où le peu de monde qui est attiré par elle car nous les hommes aimons l'eau lorsqu'elle permet de belles baignades ou lorsqu'elle désaltère non lorsqu'elle jaillit telle une source cachée. Pourtant, que de plus beau, de plus somptueux qu'un ensemble de sources minuscules qui s'enchevêtrent les unes dans les autres, quoi de plus raffraichissant aussi ?

Il existe, une source de ce type en terre Sainte à Ein Guedi...Dans ce lieu, le père de Salomon, David avait trouvé refuge sachant ici sans doute que c'est dans ces endroits faits de ruisseaux minuscules que nait la sagesse et qu'elle s'y épanouit...La Bible peut bien se lire en plusieurs sens aussi, comme les sujets de philosophie du Baccalauréat Français. L'Une et les autres appellent à l'interprétation et donc à l'interrogation puis au ravissement.

 

 

 

 

 

lundi, 15 juin 2009

Travail, bonheur et école

Epicure et les stoiciens faisaient du bonheur une oeuvre personnelle, un lent et patient travail sur soi, sur ses désirs pour le premier, sur ses souffrances pour les seconds.

Travailler à hiérarchiser ses désirs et pour ce faire éloigner ses soucis et ses craintes afin d'y voir plus clair en soi et ne retenir que ce qui est nécessaire et naturel pour Epicure. Travailler à se dire que les souffrances ne sont que des idées, qu'elles peuvent être écartées par une longue et patiente oeuvre de la raison, par des exercices d'endurcissement, pour les stoiciens.

Le bonheur serait ainsi affaire de travail.  Pour les les Hébreux et l'auteur du Quohelet , le bonheur équivaut  à la sagesse  et aux plaisirs simples et fidèles (une femme fidèle et sage, un bon repas). D'ou vient la sagesse dans la Bible ? De Dieu mais pas seulement, d'un long travail et patient travail...

Athènes et Jérusalem se réunissent donc une fois de plus pour nous rappeler que le bonheur implique un travail de recherche, un travail sur soi qui n'est pas travail d'érudition mais travail à devenir sage...Pourquoi n'enseignons-nous pas plus à nos élèves et à nos étudiant l'art de devenir heureux, l'art du bonheur, l'art de la concentration et de la méditation ? Qu'est ce qui a fait que notre école soit devenue si positiviste ?

D'aucuns pourraient répondre qu'elle sert essentiellement à sélectionner les individus mais si tel est le cas quel est le but de cette selection ? Devons-nous donner le pouvoir à des hommes qui ignorent comment devenir heureux ? Si c'est le cas, la politique et l'administration acceptent de nous dire qu'elles nous gouvernent pour d'autres buts...Mais pourquoi donc ? Pourquoi marchons- nous ainsi sur la tête et ne faisons nous pas de la "science" de la vertu et du bonheur la première de toutes ?

Tartuffe ici nous donne la réponse. S'il y avait des professeurs d'éthique et de bonheur attitrés par l'Etat, les leçons tourneraient vite au cauchemard et les Tartuffe gouverneraient le monde. C'est pour les éviter que nous sommes devenus positivistes, c'est à dire que nous avons transformé l'école en lieu d'acquisitions de procédure et de sélection "neutre"...Tout ceci résulte d' un choix qu'il faudrait peut-être réinterroger pour nous demander si nous avons bien fait, au nom de l'hypocrisie, d'écarter les réflexions méditatives de nos établissements scolaires. Il est clair ici que si de tels enseignements étaient proposés, l'on se gausserait du ministre qui les propose. Pourtant, pourtant même si la méditation ne résoud pas tous les problèmes une école digne de ce nom pourrait-elle faire l'impasse sur cette forme d'enseignement ? Mais se pose alors une autre question : quid des adultes ? Quid d'une école et d'un espace de formation qui n'aiderait pas également les adultes que nous sommes à nous reprendre doucement en mains sans violence et sans heurt ?

 

 

 

 

jeudi, 04 juin 2009

Réponse à Antimythe sur l'éthique et l'argent

Antimythe, toujours perspicace m'écrit :

Liberté et gratuité,aliénation et argent ,tel serait selon vous le dilemme ?
Comment ,peut t'on espérer,passer de consommateur patentés et bien modélisé par notre société a cet état de soi qui se détacherait des biens matériel ?
Le paradis perdu ?
La sagesse a l'état pure ?
Mon esprit cartésien a beaucoup de mal a concevoir cette perspective,pour l'ensemble de l'humanité

Cela reste un luxe,pour quelques épicuriens qui en ont et les moyens financiers (le repos dans de bonne condition a un cout) et les moyens intellectuels (un travail sur soi,qui ne va pas de soit)

Je n'ai jamais écrit que l'argent était une aliénation. Ce qui aliène c'est l'aliénation de l'esprit, l'esprit et le corps malades ...uniquement....

Il ne faut pas croire que le monde sera tout entier sage. La sagesse a toujours été une exception et ce même chez ceux qui se prétendent sages. Il nous faut juste toujours nous rappeler que nous pouvons l'obtenir par un travail régulier et continu qu'appelle et que devrait appeler une éducation tournée vers des hommes selectionnés à cet effet, pour leur vertu et leur courage....

Ce faisant, ils gouverneraient les hommes suivant cette règle. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours de même. Le seul objectif du droit, de la politique et de l'éthique devraient être de trouver les moyens de maintenir ces hommes au pouvoir, de les former, de les aider à ne pas se laisser corrompre aisément car nous sommes tous sujets à la corruption (au corps-rompu) ne serait ce que parce que nous mourrons tous....

Il faut juste faire en sorte de distinguer ceux qui se laissent moins facilement corrompre que les autres et ce n'est pas chose aisée....Car, encore une fois, il n'est pas de saint absolu, ni de héros pur....Il faut simplement se forger à devenir soi-même pour aider les autres à le devenir....J'appelle d'ailleurs cela le cercle éthique ...celui-ci tel, un équilibriste sur un fil appelle à un travail quotidien, un regard continu sur soi et sur les autres : un double regard que la nature si bien faite a voulu nous rappeler continuellement en fonctionnant le plus souvent par .deux (deux jambes, deux mains, deux yeux surtout pour un seul corps, une seule tête et un seul...coeur),un appel à être r.e.g.a.r.d.a.n.t.s !

 

 

 

 

 

 

19:43 Publié dans ETHIQUE | Lien permanent | Commentaires (2)

lundi, 01 juin 2009

Education des modernes et des Anciens

Le monde ne se maintient que grâce au souffle des enfants qui vont à l’école....La tradition dit, en effet, qu'une ville dont les enfants ne vont pas à l'école sera détruite....

Aggadoth du Talmud de Babylonne, Trad. A. Elkaim-Sartre, Verdier, p238

L'éducation des enfants était donc essentielle pour les Anciens Hébreux. On retrouve également l'importance de cette éducation chez Platon dans les Lois et la République. On sait en effet, que le penseur Athénien a consacré une bonne part de se réflexions à la paedéia...ou pédagogie et qu'il imputait aussi le déclin de nombreuses cités à une éducation de mauvaise qualité.

Mais qu'est ce qu'une éducation de qualité ?

C'est une éducation qui a souci de chaque enfant, de ses problémes, de ses difficultés et qui offre à chacun d'entre eux les moyens de se réaliser et de s'affirmer...

Les choses ont-elles changées avec les Modernes ?

D'aucuns ont soutenu que l'école était un lieu de dressage (Rousseau, Michel Foucault), qu'elle était lieu de discipline et non plus formation à l'intelligence, souci pour le développement personnel et psychologique de l'enfant, souci de l'aider à se construire une personnalité de qualité en lien avec des adultes expérimentés, ayant eux-mêmes la sérénité de vie nécessaire pour former de jeunes esprits, les aider à s'ouvrir...Certains ont soutenu que l'école de la République fut, non pas celle de l'épanouissement mais de la discipline afin de former de futurs ouvriers aliénés, de futurs généraux aliénants, de futurs soldats et ce notamment pour lutter contre le "boche"...Puis ensuite,qu'elle s'est laissée gagner par une massification qu'elle n'a pas controlée, préférant laisser les enfants à l'intérieur des établissements plutôt qu'à l'extérieur afin de les contenir...Oublié ainsi l'épanouissement personnel, le souci de soi.... 

Si ces critiques sont fondées quelle est la cause de cet effondrement ?

Si elles ne le sont pas, comment expliquer des représentations aussi négatives ?



 



 

 
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