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dimanche, 22 juillet 2012

Le jeu pervers tout à fait inconscient du stoicisme

 

Le but de ce blog, un peu à la manière d'Alain dans ses propos, n'est pas d'écrire des textes de type et de format univesitaires mais de 'lâcher" sur le grand océan du web quelques pensées qui, l'auteur de ces lignes l'espére pourront flotter au-dessus des flots...Ces notes écrites au fil de l'eau contiennent certainement des "fautes" de frappe et des coquilles mais l'auteur n'en a que faire car il accomplit ce travail bénévolement, sans attendre aucun retour...Il ne peut en plus passer un temps inoui à se demander si ce texte dont l'objectif est de traverser le vaste océan internet,nous venons de l'indiquer, contient telle ou telle faute de frappe. D'ailleurs parler de "faute" lorsque l'on parle d'orthographe ou d'usage d'un clavier d'ordinateur est déjà en soi assez étonnant...Le mot "erreur" ou maladresse serait plus adaptés selon moi... L'essentiel demeure de se faire comprendre et j'espère ici que certains pourront comprendre ce que j'écris...ou ce que je souhaite écrire plus exactement...Mais passons.

Je me propose ainsi ici de livrer quelques pensées sur le jeu inconscient de la pensée stoicienne dont il me faut dire quelques mots.

Les systèmes totalitaires produisent souvent une philosophie qui ressemble beaucoup à un stoïcisme de très mauvaise facture, un stoicisme brutal et vulgaire qui ressemble aussi peu à cette pensée que les épicuriens ressemblent à Epicure. Toutefois, dans toutes les entreprises, les administrations ou les pays gérés avec violence et brutalité c'est une forme (dépravée certes mais réelle de stoicisme) qui domine souvent.

Le stoïcisme a pour coeur de pensée : la résistance et la force. Il faut toujours être fort et s'exercer à la résistance. Cette philosophie a surtout connu ses lettres de noblesse à Rome. Elle a permis à bien des hommes de survivre à la tyrannie et à la folie des imperators romains.  Elle se développe dans les moments de tyrannie, de silence imposé et d'absence de démocratie réelle...(la démocratie réelle pour moi est celle qui s'oppose à la démocratie formelle et je renvoie mes lecteurs à un texte qui doit traine sur le web la concernant)....

Qu'enseigne le Stoicisme ? La résistance. Un exemple ?

Lisons Sénèque et ce très beau livre que forment les Lettres à Lucilius.

Lettre 2 "Le premier indice d'une pensée en équilibre c'est à avoir séjourner avec soi...." ou encore Lettre 27 "cherche autour de toi un bien qui soit de durée or il n'y en a point sauf celui que l'âme tire d'elle-même".

 Face à la violence extérieure. Il est conseillé de se réfugier dans l'intimité, l'endurcissement de soi et de trouver réconfort dans la contemplation de la nature. Ainsi la lettre 65 écrit-elle que de temps en temps "l'âme s' évade de son cachot et se recrée en jouissant du ciel".

Le bourreau est souvent une forme de stoïc particulièrement pervers avouons le cependant et qui n'a que peu de chose en commun avec Sénèque qui fut certainement un bien honnête homme. Toutefois, il a dévergondé cette pensée. Il l'a simplifiée et il l'applique avec la bêtise qui le caractérise souvent.

Pour lui, l'extérieur ne vaut rien. La foule est à mépriser et elle est méprisable. Sur ce point il se rapproche donc du Stoicien. Il pense également qu'il faut être fort. Mais c'est ici que s'arrête la comparaison bien sûr car la finesse stoicienne ne peut être le fait d'un tyran qui opprimerait par exemple tel personnel d'entreprise,d'administration, d'une région ou d'un pays tout entier.

Des complicités inconscientes se nouent cependant parfois entre le bourreau et la victime car la victime est souvent stoïcienne elle-même et sans le savoir. M F Hirigoyen qui a formidablement écrit sur les harcélement et les abus de pouvoir de toutes sortes l'a bien noté. La victime a souvent une éthique au-delà de la normale.

Le stoicien tient parfois des propos qui servent ainsi avec délectation le tyran pervers et c'est ce jeu qui devient pervers sans le vouloir qu'il m'intéressait de mettre en évidence ici.

Sénèque écrit ainsi lettre 66 du texte qui nous intéresse

Rien n'est honnête de ce qui s'accomplit à contre-coeur ou par contrainte.

La phrase est bien rude. Elle est bien définitive mais elle exprime fort judicieusement la pensée stoicienne épris d'un amour absolu pour la liberté totale. Pourtant, elle joue à contre effet. Elle se retourne souvent contre la victime du tyran.

En effet, le tyran est souvent celui qui abuse des failles de l'autre, qui use des faiblesses de l'autre pour le rabaisser et l'humilier encore plus. Lorsqu'il est employeur, il sait user de cette pensée stoicienne. En effet, il crée souvent des systèmes de travail, un monde du travail dans les structures qu'il dirige dans lesquelles le plaisir est totalement aboli. Le salarié est tyrannisé. Il y est totalement opprimé. Il n'a aucune liberté de choix. Il est considéré comme une machine. Il n'est qu'un outil  pour lui. De plus, il le manipule souvent avec des discours fort culpabilisants. Ce faisant le travail devient pour lui un lieu de souffrance car le plaisir en est exclu. Mais surtout le travail devient un lieu de culpabilisation et de honte et l'une et l'autre viennent rendre la vie du salarié ou du citoyen (si le tyran dirige un pays) encore plus difficile s'il a une "éthique"stoicienne. En effet , celui qui a une éthique stoicienne aime la liberté et le courage absolus. Il se méprise lorsqu'il n'accomplit pas les choses avec une totale liberté. Dans un monde dominé par la tyrannie il culpabilise et il a honte en permanence car il sait qu'il n'accomplit rien sans un peu de contrainte et rien sans qu'il n'y ait pas le sentiment d'agir à contre-coeur. Dès lors, sauf à devenir cynique, il finit par devenir honteux. Il se méprise car il a bien le sentiment d'être malhonnêté puisqu'il estime comme Sénèque et comme nous venons le rappeler que

  "rien n'est honnête de ce qui s'accomplit à contre-coeur ou par contrainte.

 Un tel proppos se retourne ainsi implicitement contre le stoicien car au lieu de le libérer, dans une logique tyrannique ou perverse, elle ne fait que le rendre plus malheureux, plus soumis et donc plus esclave encore car il a honte de lui. Il a honte de son travail et de sa peine. Cette honte lui donne le sentiment d'être un moins que rien et il se détruit peu à peu.

Pourtant, le Stoicien oublie tout de même ici que tout travail suppose une part de peine et qu'il n'est pas de travail aussi heureux soit-il qui ne contienne pas une part et contrainte et d'effort. Je ne crois guère ceux qui me disent qu'ils sont toujours heureux lorsqu'ils se rendent à leur travail. Ils se mentent ou ils nous mentent. Bien sûr on peut être plus ou moins malheureux ou plus ou moins heureux dans son travail mais il ne faut jamais oublier que le travail reste malgré tout un espace de peine, un lieu d'effort et c'est d'aillleurs ce qui en fait sa grandeur car cet effort nous permet ainsi de nous dépasser et de grandir.

L'homme qui travaille et qui ne le fait pas dans le but du loisir ou qui ne peut en partant de son travail vivre dans le loisir - celui-ci étant selon moi la liberté heureuse - celui là alors ne travaille pas, il est en esclavage....Mais il faut être idiot pour le blâmer ou le condamner. La philosophie ne doit pas culpabiliser ni faire honte. Elle doit oeuvrer selon moi pour faire en sorte que le plus grand nombre sorte de cet esclavage afin de retrouver cette liberté heureuse dont Aristote nous parlait et qu'il faut chaque jour apprendre à conquérir....seul ou/et avec d'autres.

Cet enchaînement du stoicien à l'égard de son maître a peut-être été comprise par Hegel, lorsque critiquant le stoicisme, il écrit (phénoménologie de l'esprit. La vérité et la certitude de soi-même. B) p. 206? Ed Folio 2012)

Cette conscience ( la conscience stoicienne)...n'est donc que la négation inachevée de l'être autre, retirée seulement dans soi à partir de l'être là, elle ne s'est pas accomplie comme négation absolue de ce même être là en lui...

Si je lis bien Hegel , ce dernier semble bien voir le lien qui unit secrétement et inconsciemment le stoicien et le tyran dont le premier cité entendait honnêtemetn se libérer. La pensée du tyran est encore en lui. Pour s'en dégager, il aurait fallut semble nous dire Hegel qu'il nie totalement cette pensée, qu'il la dissolve pour se dépasser.

La pensée et la critique hégélienne des stoiciens pose cependant deux problèmes :

a) en premier lieu, cette pensée implique que pour se construire, la liberté doit nier absolument l'autre. Cette position nous semble périlleuse, nous le savons au moins depuis Lévinas et Ricoeur. Nier l'autre c'est se nier soi-même. L'autre est une constitution du soi comme l'un et l'autre l'ont remarquablement mis en évidence.

b) en second lieu, Hegel ignore que ce souci de dépassement existait chez les stoiciens. Ainsi, Sénèque écrivait-il dans une des ses lettres à Lucilius, déja cités :

L'âme imparfaite vacille, tantôt progressant, tantôt glissant en arrière ou tombant. Elle glissera si elle ne s'obstine à marcher d'effort en effort. Si le zèle et l'application loyale à la tâche font mine de fléchir c'est le recul... (Lettre 71. 34)

Mais il écrit ensuite

La joie du sage est d'une seule pièce : nulle caue, nl coup de fortune ne peut la rompre...(Lettre 72.4).

En écrivant cela Sénèque retombe dans son travers. Il nous dessine un idéal mais il ne nous le dit guère. Son sage semble exister réellemen pour lui. Ce faisant il présente une forme quasi divine qui ne pourra à nouveau que culpabiliser et affaiblir les hommes normaux que nous sommes tous et sans doute le Stoicien lui-même qui s'en voulant continuellement, ayant honte de n'être pas ce sage idéal ne cessera d'être honteux et de se cacher, de se laisser ainsi dominé en se pensant totalement fautif.  .

 

  

Commentaires

Bah alors Jean-Jacques... Comment tu vas justifier "dans l'océan du web" l'écart entre tes grandes déclarations définitives au format IUFM (U comme universitaire, n'est-il pas) et ton refus catégorique d'enseigner à Bezons ? Il est vrai que ton prénom te prédestine à des amitiés intéressées en haut lieu... Misère de la philosophie...

Écrit par : Nizan | lundi, 03 septembre 2012

Bonsoir Nizan...On ne se connaît pas et il est facile d'avancer masqué...Pour ce qui me concerne il n'y a eu aucun refus catégorique d'enseigner à Bezons...Je n'ai rien contre Bezons...Je ne comprends rien à cette accusation. D'autres propositions m'ont été faites et je les ai acceptées car elles correspondaient plus à mes engagements professionnels et personnels et elles étaient en phase avec des besoins existants sur place...Si tu me dis qui tu es Nizan, je pourrai te fournir toutes les précisions que tu souhaites...

Écrit par : Sarfati Jean Jacques | lundi, 03 septembre 2012

Ps : Je ne comprends rien à ce que tu écris sur les "amitiés intéressées"...C'est ton problème et pas le mien. Mais puisque tu me fais l'honneur de me lire, relis ce que j'ai écris sur ce sujet et qui se trouve sur le "vaste océan du web"...Je crois en l'amitié oui d'ailleurs comment bâtir une cité sans amitié ? ...L'intérêt c'est un autre sujet....une autre question. Relis tes classiques Nizan. La philosophie n'est pas une "misère"...!!! En revanche de plus en plus de misérables la traitent misérablement cela oui...!!!

Écrit par : Sarfati | mardi, 04 septembre 2012

Les commentaires sont fermés.

 
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