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mardi, 30 avril 2013

Quitter enfin cette sévérité qui n’a de cesse de retirer des points pour aller vers une rigueur qui devrait nous permettre enfin d’en récupérer… (pour ceux qui confondent rigueur et sévérité, peine et impôt, radars justes et radars pièges...)!

 

 

 

Dans un article fort intéressant, le quotidien le Monde fait état d'une enquête qui montre l'exaspération de nombreux français face à la multiplication des radars qui piègent ou des abus des sociétés qui enlèvent les voitures dans notre pays en des lieux où il n'est aucun danger ni gêne mais ou les automobilistes se garent du fait de l'absence d'indication claire et du coût prohibitif de certains parkings privés dans notre pays .

 

 http://sosconso.blog.lemonde.fr/2013/04/29/non-aux-radars-qui-piegent-disent-les-automobilistes/#more-4452

 

Une telle question est amplement philosophique, pratique et politique selon nous.

 

Elle est même de l'ordre de l'essentiel dans une démocratie. D'ailleurs lorsque nous la mettons en parallèle avec un autre sujet d'actualité, celui de la monnaie démonétisée, trop ignorée nous voyons qu'il est un lien ici entre une politique qui piège et retire des points, donc de la vie aussi et une autre qui pourrait enfin cesser de confondre rigueur et sévérité pour en donner...Le lien est à faire également entre une rigueur qui donne et une sévérité qui retire.

 

Reprenons...Qu’est ce que la rigueur ? Tout bon élève de terminale qui prépare son bac de philosophie devrait savoir (et sait peut-être) que celle-ci n’a pas grand-chose à faire avec la sévérité. Etre rigoureux c’est être précis et notamment ne pas confondre les uns et les autres, permettre à chaque mot  - et donc à chaque être – de vivre selon sa différence. La rigueur donne des points à chacun pour permettre à chacun d’exprimer sa différence. En revanche la sévérité est ce  qui en en enlève.

 

Pourquoi est ce que j’évoque une question de points ?

 

Reprenons à nouveau :

 

Ces dernières années le nombre de radars situés dans des zones que seuls les initiés connaissent s'est multiplié rendant quasiment impossible la circulation pour celui qui se déplace et ignore la région. Or qui sont ceux qui se déplacent souvent ? Ceux qui font commerce, ceux qui voyagent à la rencontre de l'autre...bien rarement les terroristes avouons-le.

 

A l'heure où l'on parle de circulation et d'accueil de l'étranger, une telle politique vise totalement ceux qui sont étrangers à une région. Seule ceux qui la connaissent peuvent désormais s'y déplacer contribuant à accroitre les ghettos à l'intérieur de notre territoire.

 

Il ne s'agit pas ici de rappeler les exigences de sécurité, ni la nécessité de lutter contre les mauvais automobilistes qui mettent en danger la vie de nos enfants etdes adultes qu'il soit ou non automobilistes.

 

Mais les juristes le savent depuis bien longtemps :sumun jus sumum injuria....Trop de droit va à l'encontre du droit et ici nous en avons une manifestation conséquente.

 

Si le but est de lutter contre les infractions, il faut multiplier les ronds points, les dos d'ane dans les zones dangereuses mais en ce cas pourquoi mettre un radar à un endroit ou il est quasi impossible d'aller à la vitesse réclamée (sauf si l'on est initié) ?

 

Que signifie ces changements multiples de vitesse  et un radar coimme j'en ai croisé parfois situé après une pancarte qui indiquait une vitesse  limitée à 110KM/H et qui vous "flashait" à 90 Km/H le changement étant intervenu à un moment quasi invisible de la route ?

 

Ce problème est conséquent pour nombre de personnes qui se voient ainsi contraint de ne plus circuler alors que la voiture demeure pour eux un instrument de travail, voire de survie. Il ne pénalise en rien les mauvais conducteurs sur lesquels aucune réflexion n'est opérée afin d'endiguer les problèmes qu'ils causent et qui sont réels.

 

Une réflexion importante de nos politiques devrait être menée sur le sujet.

 

En revanche, la philosophie et l'histoire du droit européen, leur rappellent que la Révolution française a débuté lorsque l'on a confondu l'impot et la peine.

 

Un impôt n'est pas une peine. Une peine sanctionne une violation forte de la loi qui pose problème à la collectivité. Un automobiliste qui roule sur une autoroute à 93 Km/h au lieu des 110 réclamé trois kilomètres plus loin est-il un danger pour ses concitoyens ? En revanche, pendant ce temps quelle politique et quelle réflexion approfondie pour la sécurité routière, en quoi nos savants sont-ils mobilisés pour ce fléau réel de nos démocraties ? Que fait-on pour permettre le développement des transports "propres" et en commun entre les villes et à l'intérieur des villes ? Voici des "chantiers" conséquents et à ouvrir.

 

Alain, a écrit quelque part dans ses propos sur le Bonheur que les mutliples infractions et ignorance de la loi- mêmes modestes - par le fait de l'administration dans une démocratie mine progressivement la confiance que ses citoyens peuvent avoir en elle. Un jour, notre pays a grandi en créant le droit administratif qui permet de revenir sur les décisions infondées de l'administration qui ne peut se comporter en prince dans une République.

 

Ceci ne serait rien si cette manifestation de radars pièges ne venaient pas aggraver le sentiment d'une société infestée de moralisme et de juridisme dans le bas comme dans le haut...Quand allons nous sortir d'un système dans lequel nos politiques se combattent à coup de procès et de combats "moraux" ?

 

Quand penserons-nous à régler nos problèmes du quotidien et ceux des personnes qui souffrent réellement dans notre pays et qui réclament d'autres politiques, d'autres actions ?

 

Prenons un autre exemple et nosu en finirons avec ceci...Il montrera qu'il faut cesser de faire une politique ne retirant que des points mais qu'il faut sans doute penser et commencer à en donner à nos concitoyens qui,dans l'ensemble, les ont mérité et vivent dans une rigueur devenue sévérité...depuis trop longtemps.

 

La philosophie le sait aussi , la rigueur nécessaire qui harmonise ne signifie pas sévérité qui détruit. La première des rigueurs d'ailleurs est dans les mots et il ne faut pas confondre ces deux termes. 

 

Un débat agite la sphère politique concernant l'attitude à adopter vis à vis de l'Allemagne....Effectivement, celle-ci revit certainement la crise de 29 toutefois de nombreux chercheurs ont expliqué qu'il était possible sans sortir de l'Euro d'inventer une monnaie démonétisée, valable sur le seul territoire national et qui sous forme de points attribués à nos concitoyens leur permettrait qui de payer telle nourriture, tel frais....alimentant ainsi le budget en points de ses concitoyens...Quid....

 

Pourquoi cette monaie en place dans certaines villes ne se développe-t-elle pas en France par région par exemple ?

 

Nous en revenons ainsi à notre logique contemporaine : le juridisme ne cesse de nous demander d'enlever des points à nos concitoyens. Quand sera-t-il possible de permettre que des points leur soit au contraire attribués ? Le retrait de points pour les permis existent et nous l'avons vu sont retirés sous forme de piège parfois mais quand sortirons nous de cette logique de piège et de points retirés pour entrer dans la logique des points échangés et du lien ?

 

La rigueur n’est pas la sévérité. La sévérité blesse l’autre et lui interdit d’être lui-même. Elle le piège et fait de lui un ennemi. En revanche, la rigueur – qui rappelle les justes limites que tout un chacun doit respecter mais qui n’est pas violence à l’égard de l’autre – est ce qui permet à chacun d’en récupérer pour aller vers la vie.

 

En d’autres termes, la rigueur va vers la vie alors que la sévérité est porteuse de mort sociale.     

 

 

 

 

 

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