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lundi, 17 février 2014

L AMANT DE LA SOUFFRANCE QUI SUBLIMAIT SA PEUR D ETRE

Philonous allait se promener en montagne lorsqu'il croisa l'amoureux du corps en quête de sensations fortes. Il lui dit alors :

-Sais tu Philonous le bien nommé que "Presque tout ce que nous nommons civilisation supérieure repose sur la spiritualisation et l’approfondissement de la cruauté... ?"

- Je ne comprends pas ce que tu me dis là, lui indiqua le promeneur...Souhaites tu "inverser" les valeurs et sortir les idéalistes de leurs rêves les plus saugrenus afin de les ramener à la réalité ? Je te connais et est-ce ainsi le projet que tu portes en toi en m'abordant ?

 - Oui tout à fait ! Et puis vois-tu ami,je souhaite aussi que l'homme supérieur s'affirme en partant de ce constat et qu'il cesse de s'affaiblir et de nous affaiblir avec ses exigences de morale, d'éthique et je ne sais quoi encore....

 -Philonous, vit alors tout le danger de tels propos et il répliqua :

- Camarade, tu as raison de vouloir lutter contre les idéalismes de toutes sortes. Ils détruisent l'esprit. Ils affaiblissent. Il faut voir le monde tel qu'il est mais il faut le vivre aussi tel qu'il est. Vis ce monde et cesse de tenir des propos aussi ridicules qui ne font que sublimer la peur qui est en toi...

- La peur ? Dit l'amant du corps qui ne comprenait guère...

- Oui la peur. En réalité, tu te dis amoureux du corps mais tu passes ton temps dans la solitude que tu vantes et dans les livres...Tu t'inventes ensuite une idole, un surhomme qui verrait le monde tel qu'il serait. Ne te fie pas trop à tes analyses, soit prudent et plus circonspect...Essaie de vivre et cesse donc de tenir des propos qui ne font qu'alimenter la joie des pervers et leur perversions. Imagine ce que penserait un fou en te lisant. Tu lui donnes ainsi raison et le satisfait dans son désir de folie.

- Philonous, répliqua l'amant du corps, tu me fais un procès que je ne mérite guère. Si le fou fait des folies c'est bien qu'il l'était déjà avant que de me lire. Ne vient donc pas m'imputer les excès des autres. Je ne fais pour ma part que de parler à ceux qui sont victimes, aux doux rêveurs qui refusent de voir le monde tel qu'il est bien souvent. Je les incite à se réveiller et à voir le monde dans sa réalité qui est complexité et cruauté ...De plus, si les hommes ont peur justement je les incite à ne plus avoir peur.

- Philonous ne sut que répondre à un tel propos. Comme toujours avec l'amant du corps, le faux se mêlait au vrai. il savait habilement faire glisser ses paroles dans le vernis de séduction qu'il savait utiliser. Il ne voulait pas lui répondre qu'il existe au moins deux sortes de créations : celles qui s'opèrent par le beau et le grand et celles qui s'opèrent par la souffrance...Comment les distinguer ? Il se contenta juste de noter à quel point, les mots peuvent à nouveau prêter à confusion.

Il se rendit à l'évidence qu'il ne fallait pas trop écrire parfois mais surtout écouter, pénétrer,discerner dans la profondeur ce que le monde nous dit.

Il songea en lui-même à quel point il importait de cesser de se croire surpuissant et à quel point il convenait de tenter d'écouter ce que la musique du monde nous révèlait dans une profondeur qu'il importait chaque jour d'explorer.

Alors il regarda l'amant du corps avec toue la compassion dont il pouvait faire preuve. Il le remercia de passer un peu de temps avec lui afin de meubler sa solitude mais il lui dit simplement :

- Non camarade je ne suis pas d'accord avec toi...Tout ce qui est grand sur cette terre ne provient pas de l'approfondissement de la cruauté mais au contraire de la recherche de ce qui se dissimule en profondeur dans notre vie de tout instant qu'il faut vivre dans la densité, c'est à dire en scrutant au plus près dès que nous le pouvons tout ce que la vie peut nous enseigner sans prétendre que ce qui nous fait saigner soit toujours grand...Ce qui s'apprend le mieux est ce qui est le produit de ce que nous avons réussi, ce que nous faisons dans le bonheur de l'être...et l'édification de ce qui est grand sans jamais croire bien évidemment que nous détenons les clefs de cette grandeur.  Je sais que tu vois en moi une sorte de "paysan parvenu" lorsque je m'exprime ainsi. Je n'ai rien pour ma part contre les paysans, j'aime leur contact ainsi que celui de mes amis les humbles même si je ne pense pas qu'ils aient toujours raison, mais ils font comme ils peuvent vois tu et je ne veux les accabler. Je n'ai que faire de tes croyances d'homme qui a souffert d'avoir tout eu trop tôt et qui sublime sa peur dans une prétendue croyance en la supériorité de son être...Désolé camarade nous ne pouvons poursuivre notre route ensemble, laisse moi cheminer seul veux-tu et ne me tiens pas rancune...!

L'amant du corps, quitta Philonous. Il pensait effectivement qu'il n'était qu'un paysan trop sérieux et il s'en alla chercher querelle ailleurs. Il aimait tant celle-ci, du moins chaque fois qu'elle lui permettait se se sentir supérieur à l'autre !

    

 

 

 

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