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lundi, 11 juin 2012

A quoi pourrait servir la philosophie ?

 A rien, aurait-on envie de répondre car qui sert peut rapidement devenir serf.

Cependant, est insensé celui qui fait les choses sans but déterminé. Devons nous donc mener les autres à faire de la philosophie pour leur dire qu'elle ne sert à rien ? Si c'est le cas, on ne peut que favoriser le nihilisme et le cynisme.

Quelque part, je ne sais où, Wittgenstein a écrit qu'il faisait de la philosophie pour aider la mouche à sortir de la bouteille à mouche.

Quoi de plus horrible en effet que de voir une mouche heurter continuellement une vitre dont elle ne comprend pas l'existence  ? En ce sens, et si Wittgenstein a raison, la philosophie est libératrice. Elle nous libérerait d'une forme d'aliénation...

Est ce toujours le cas ?

Non pas toujours.

En effet, le problème que posent souvent les auteurs de philosophie c'est qu'ils sont eux-mêmes auteurs et l'auteur est aisément celui qui fait des autages...(ôtages)...Il est singulier que l'on n'ait pas plus souvent penser au lien qui unit ces deux termes d'auteur et d'otage...Le lien est oralement fort mais comme toujours l'écrit s'est evertué à brouiller les pistes. Mais passons.

Une phlosophie ouverte pourrait avoir pour effet de nous libérer de certains propos et de certaines pensées qui nous enferment tout en permettant à l’autre de ne pas se laisser enfermer par les propos qui pourraient lui être imposés.

En d’autres termes, la philosophie nous aiderait à lire et à comprendre la pensée des autres pour mieux s’en dégager afin de libérer sa propre analyse.

Un autre probléme se pose cependant : si c'est une pensée qui nous libère d'autres pensées et si le fait de provenir d'un auteur explique qu'une pensée "fabrique" des ôtages alors en libérant le philosophe peut à nouveau enfermer. En conséquence, il libre la mouche de la bouteille non pour lui permettre de voleter tranquillement à l'air enfin libre mais pour l'enfermer dans une autre bouteille.

Il n'y aurait donc pas de solution ? On pourrait soutenir que pour l'homme il n'est point de liberté qui lui vient de l'homme mais simplement des libérations, c'est à dire des moments d'ouverture.

Mais alors qui aurait le pouvoir de le libérer ? Peut-être pas la philosophie qui n'offrirait seulement que des moyens de sortir d'une bouteille pour se laisser enfermer dans une autre...

L'action peut-être qui suivrait ...Celle-ci serait-elle plus fortement libératrice ? Peut-être mais pour agir il ne faut pas être enfermé et c'est donc ici peut-être que se situe le moment de liberation réelle lorsque libéré par la philosophie, le sujet saisit le moment opportun pour agir dans la bonne direction et prendre enfin le chemin de la liberté.

Les Anciens appelaient peut-être cela le "kairos" ou moment opportun...

Il faudrait méditer ceci avec plus de profondeur sans doute.


23:47 Publié dans VERITE | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 30 mars 2011

CE N EST PAS LA VERITE QUI BLESSE C EST LE MENSONGE OU L ERREUR QU ELLE DECOUVRE

Une généralité n'est jamais une vérité. Dire cela c'est déjà se contredire puisque c'est une généralité. Il y a donc bien certaines généralités qui sont vraies d'autres pas. Cette généralité, selon moi, en fait partie.

Une généralité fausse selon moi est celle qui soutient qu'il n'y a que la vérité qui blesse....Erreur grossière !

La vérité est un bien et c'est un bien qui guérit de bien des maux. Mais alors que signifie cette phrase et pourquoi l'exprime t on ?

Parce qu'il arrive parfois que certaines paroles dites à certains moments révèlent des erreurs commises, des mensonges ou des hypocrisies et alors il devient douloureux de découvrir que l'on a été trompé ou que l'on s'est trompé. L'âme humaine est ainsi faite. Elle n'aime pas se tromper et c'est tout naturel.

Parce qu'il est certaines personnes qui souffrent et à qui il faut parfois savoir, de temps à autre, ne pas imposer une vérité qu'ils ne sont pas assez robustes pour entendre. Il faut les ménager. Cette vérité peut les blesser.

Parce qu'il est des lieux ou des individus qui n'aiment pas la vérité. Elles les perturbent et ceux qui se sont opposés à des régimes violents et totalitaires le savent. Ils risquent leurs peaux en exprimant la vérité.

Alors, faut-il se taire ? Non, la vérité est un bien et c'est un bien qui guérit de bien des maux.

En effet - si certains avaient lu (comme Malraux par exemple) Mein Kampf, ils se seraient opposés avec plus de violence au nazisme. La vérité était qu'Hitler était un criminel odieux en puissance et si le monde l'avait su il n'aurait pas massacré tant d'innocents.

- si l'on reconnaissait la valeur de certains hommes ou certaines femmes qui souffrent d'être méconnus sur cette terre, il n'y aurait pas tant de souffrances inutiles. En effet, le mal vient de ce que celui qui aurait dû être à une place ne l' a pas occupée et réciproquement. La vérité c'est la vérité de la reconnaissance de chacun pour la place qu'il doit et peut occuper ;

-si l'on écoutait la vérité de chacun, le monde serait plus heureux.

La vérité est donc un bien. Il n'y a que les imbéciles, les fats, les grossiers personnages, l'hypocrisie et le mensonge qui nous blessent. Cela ne veut pas dire, comme Kant l'a soutenu une fois ( mais il avait écrit autre chose dans d'autres textes on l'ignore parfois) qu'il faut toujours dire la vérité. Il faut savoir égard à l'autre, aux conséquences de son dire...Aussi....Ce n'est pas la vérité qui blesse en effet mais le mensonge, l'erreur, l'hypocrisie ou tout simplement la souffrance qu'elle voile parfois et qui mérite prudence, égard ou réserve.

Ceci dit la vérité est un bien car elle est la seule qui permet de préparer à la liberté, bien plus cher encore que tous les autres biens, plus cher que la vérité.

Mais sans vérité, aucune liberté ne peut se construire. Le probléme est que sans liberté, il est difficile de dire le vrai...C'est ici à nouveau un cercle, celui de la liberté.


 

 

06:37 Publié dans VERITE | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 23 mars 2010

QU EST CE QU UN SOPHISTE ?

Le Sophiste. 240a - 241 b


Les Sophistes, utilisant l’argument de Parménide, avaient révoqué l’argumentaire Socratique en soutenant que ceux-ci ne pouvaient faire de discours faux - contrairement  à ce que Socrate leur reprochait de faire- puisque le discours étant un discours, il était et en ce qu’il était il ne pouvait pas ne pas être, l’être étant et le non-être n’étant pas.
Dans ce court texte, l’étranger cherche un moyen de définir l’art du sophiste sans se contredire. En d’autres termes, il entend montrer en quoi le discours sophistique n’est pas proprement un discours, même s’il en est un. Cette réflexion le conduira à une réflexion sur le rapport entre l’être et le non-être. En effet, comment démasquer le sophiste sans contredire Parménide ? Comment dire qu’une chose est et n’est pas en même temps ? Si le discours sophistique est un discours comment en effet, soutenir ensuite qu’il n’en est pas un ?
Pour répondre à la question avec prudence, l’étranger engage d’abord - avec Théétète - une réflexion sur les concepts d’image et de simulacre. Cette réflexion lui permet de mettre en évidence le fait que l’image est sans être. Elle est apparence de ce qui est. Quant au simulacre, il joue sur ces apparences pour obtenir une adhésion sur ce qui ne devrait pas faire l’objet d’un quelconque assentiment. L’étranger en vient donc à admettre que l’être et le non-être s’entrecroisent. Or c’est précisément sur cet entrecroisement que joue le sophiste et tel est son art.
En effet, celui-ci « joue » de l’entrelacement être et non être. Il fait bien des discours mais ceux-ci ne sont que des apparences de discours en ce qu’ils sont trompeurs. Ils sont donc sans être. Ils sont réellement images de discours mais ne sont pas discours en tant que tels. Ils sont donc en ce qu’ils sont images et apparences mais ne sont pas en ce qu’ils ne sont pas de véritables discours.
En effet, pour Socrate, est proprement ce qui est conforme à l’idée d’une chose. Or l’idée de discours n’est pas la tromperie mais l’enseignement. Le discours sophistique n’enseigne rien. Il trompe et abuse. Il n’est donc pas réellement un discours mais une apparence de celui-ci.
Ce texte est important car l’étranger définit avec plus de précision l’art du sophiste et « en creux » il nous permet précisément de réfléchir sur ce que doit être la vocation philosophique : l’enseignement, la transmission du vrai dans la vérité de la chose.
En soutenant la thèse qu‘il défend, l’étranger prépare ainsi progressivement au « parricide » à l’égard de Parménide. Il commence à montrer en quel sens l’être peut n’être pas et le non-être être. Ce texte est, pourrions-nous dire, propédeutique au parricide. Il se décompose en deux moments.


I) Dans le premier moment, l’étranger et Théétète tentent de définir ce qu’est une « image ». Une telle réflexion avait, on s’en souvient, déjà été engagée dans le fameux livre X de la République. Socrate avait soutenu que l’image est éloignée de trois degrés de la vérité, celle-ci n’étant autre que la « forme » ou « l ‘idée de la chose». Le peintre qui peint un lit ne nous en montre qu’un aspect de celui-ci. Il ne nous montre ni un véritable lit, ni ce qu’est l’idée de lit. Le peintre - tout comme le poète - ne peuvent donc faire partie de la cité idéale qui a été évoquée dans les livres précédents puisqu’ils prétendent être les instituteurs de la cité, à l’instar d’Homère, alors qu’ils n’instituent  en rien celle-ci. Au pis, ils la trompent, parfois ils la divertissent et de temps à autre ils l’édifient mais ils ne sont en rien instituteurs de celle-ci puisque leur domaine est l’image que Socrate a évoqué dans les termes qui ont été indiqués.
Toutefois, dans le texte à commenter, c’est une autre détermination de l’image qui est proposée. Après que Théétète ait affirmé que l’image est à la fois l’objet véritable dont elle est la copie tout en étant « autre », l’étranger demande à ce dernier de réfléchir sur cet autre « être »de l’image. Quelle est cette existence autre, cet « autre » de l’image ?
Bien qu’éloignée de trois degrés de la vérité, nul ne peut en effet soutenir que l’image n’est pas. Elle est mais qu’est-elle ? L’image est « semblable » à l’objet véritable mais elle n’est pas cet objet. L’image du lit ressemble à un lit. Elle a l’apparence du lit mais ce n’est pas un lit. Nul ne peut dormir sur une image de lit en effet.
L’image cependant n’est-elle pas réellement ? L’étranger répond qu’elle est « réellement » image mais n’est pas réellement l’objet que l’image représente.
Cette réflexion sur l’image permet d’en venir à une première conclusion : celle de l’entrelacement « qui entrecroise l’être et le non être ». En d’autres termes, si l’être ne peut se confondre avec le non-être - et telle était une part de l’affirmation de Parménide et que Socrate reprendra dans le Théétète pour confondre Protagoras en montrant qu’une chose est ou vraie ou fausse et ne peut être vraie et fausse - il n’en demeure pas moins que l’on ne peut conclure de cette distinction à l’existence d’une séparation. L’être et le non-être sont entrecroisés. Ils sont entrelacés et le sophiste joue précisément de cet entrelacement.
Que signifie-t-il ? Il signifie qu’en ce monde, il est bien difficile de distinguer l’apparence de la réalité ne serait-ce parce que l’apparence est elle-même une réalité, la réalité de l’apparence. Cet entrecroisement signifie aussi que si la vision du poète est éloignée de la vérité en ce qu’elle touche la copie et l’image des choses, elle n’est pas toujours nécessairement fausse. Elle est éloignée. Elle ne montre pas la chose dans sa réalité , la réalité de celle-ci étant son « idée ».
Voir ce qu’est un lit, un homme, ce n’est pas voir une image de lit ou d’homme en effet mais c’est bien le comprendre et comprendre son idée. Comprendre c’est ensuite être en mesure d’expliciter ce qui a été compris. L’image permet de saisir un aspect de la chose mais il n’en saisit pas l’essentiel.
L’apparence trompe mais cette tromperie de l’apparence n’est pas celle du mensonge. Elle est plutôt celle de l’illusion. Elle laisse croire en la saisine de la totalité d’une chose. Elle montre mais ne montre que l’apparence des choses. Elle est mais elle n’est que l’apparence d’une chose.
Or tel est précisément le discours du sophiste. Il est discours mais est en ce qu’il est une apparence de celui-ci. Il est donc réellement sans être réellement. Il est réellement une image mais n’est pas réellement ce qu’est la chose dont il ne montre qu’un aspect. Il est donc image de discours mais n’est pas discours. Il montre les images des choses mais ne les montre pas tout à fait.
C’est précisément cela que cette réflexion sur l’image que Théétète et l’étranger ont opéré va permettre de réaliser : définir ce qu’est l’art du sophiste par le biais d‘un autre concept : celui de simulacre.

II) Le second moment du texte débute, en effet,  par un « mais »… « mais alors demande l’étranger, pourrons-nous définir l’art du sophiste si nous voulons rester d’accord avec nous-même ? ». Pourrons-nous en effet le saisir dans sa totalité sans remettre en cause la thèse de Parménide. L’être et le non-être s’entrecroisent mais ce qui est peut-on dire qu’il n’est pas et le discours du sophiste peut-on dire qu’il est sans être et de quelle manière ?
Pour répondre à cette question, l’étranger part cette fois non plus de l’image mais du « simulacre ». L’art du sophiste est celui qui « use de simulacre pour tromper et son art est un art de tromperie ». Telle est la première détermination qu’il en propose ici.
Le sophiste est donc celui qui joue et utilise des illusions et des apparences trompeuses. Il trompe au sens où, nous indique l’étranger, il permet, par le truchement de son art, de faire en sorte que notre « âme opine faussement ».
Le discours sophistique est donc bien quelque chose qui existe mais qui existe dans le but d’introduire de la tromperie.
C’est en réfléchissant sur le sens de cette tromperie que l’étranger va alors tenter de résoudre le dilemme qu’il s’est posé liminairement. A quoi conduit le discours sophistique ? Il conduit à opiner des choses contraires à celles qui sont. Mais qu’Est-ce qui est précisément ? De quoi le sophiste nous éloigne-t-il et vers quoi nous ramène-t-il ? Il nous ramène vers l’image des choses, leur apparence mais non pas vers ce qu’elles sont dans leur « réalité » . Les sophistes ne nous ramènent pas vers les idées mais les copies ou les images - parfois illusionnantes des choses - .
Le discours sophistique est donc apparence de discours car il est semblable à un discours sans en être un véritable.
Mais qu’Est-ce qu’un discours véritable ? Socrate en avait défini les termes dans le Phèdre. Le discours véritable est celui qui enseigne non pas celui qui séduit. Il est celui qui fait signe vers ce qui est réellement. Il est celui qui - comme il l’expliquera également dans le Théétète- met dans de bonnes dispositions et permet à celui qui écoute de voir ce qui convient de voir. Or tel n’est pas le cas du discours sophistique.
En effet, non seulement le discours sophistique ne met pas l’auditeur en présence de ce qu’il devrait voir. Il ne le met pas sur son droit chemin, sur le chemin qui est le sien mais de plus, il l’en éloigne en ne lui montrant que des simulacres ou des apparences de choses qu’il fait considérer comme les choses véritables.
Le discours sophistique est sans être. Il n’a pas d’être ni de fond contrairement à ce que devrait être un discours. Il est en effet apparence de discours sans en être un en ce que précisément il « joue » sur les apparences pour tromper, pour égarer et faire croire par exemple que ce qu’il montre est vrai alors qu’il n’est qu’apparence de vérité.


En conclusion, qu’Est-ce que l’art du sophiste - aux cent têtes - et comment le définir sans se contredire ? Comment le démasquer sans contredire Parménide ? Au fur et à mesure que le dialogue avancera, le parricide se révélera nécessaire mais à ce stade de l’étude nous n’en sommes pas là. En effet, l’étranger est parvenu à mettre en évidence ce qu’il y a de faux dans le discours du sophiste. Celui-ci est faux car il a l’apparence du discours sans être un discours. Le discours en effet n’est pas ce qui bavarde c’Est-ce qui enseigne et ce qui enseigne et ce qui fait signe vers l’idée de la chose sans fioriture ni simulacre.
Or le discours sophistique est un discours trompeur. En effet, il ne montre pas la réalité de la chose, son idée. Il n’en montre que des copies et il nous trompe en nous faisant croire qu’il nous montre les véritables choses.
Il est donc sans être lui qui joue sur l’entrecroisement de l’être et du non-être. En effet, c’est réellement une apparence de discours qui joue sur les apparences  -et il est en ce sens - mais il n’est pas réellement un discours car le véritable discours est celui qui enseigne, c’est-à-dire celui qui fait signe vers la vérité de la chose, son idée et qui met l‘homme dans le droit chemin, celui de sa destinée, qu’est l’accomplissement éthique de son être, de ce qu‘il doit être.

18:08 Publié dans VERITE | Lien permanent | Commentaires (4)

 
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